La Bouquinerie

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DAVID VINSON

NAPOLÉON BONAPARTE
ET
VALENCE

ENTRE HISTOIRE ET MÉMOIRE DRÔMOISE
Avec la collaboration de Jean-Claude Banc
Président de l’Association « Bonaparte à Valence »
Et la participation de Jacques Bénévise
Chargé de l’iconographie de l’ouvrage


Après un séjour à Valence en 1785, Bonaparte va revenir dans la Drôme à 18 reprises. Lors de son premier séjour, la vie du jeune lieutenant est partagée entre son service comme officier d’artillerie, ses lectures, ses travaux d’écriture et ses relations avec les notables valentinois. La Drôme de 1785 est donc pour le jeune Bonaparte, le temps des apprentissages militaires, intellectuels… et amoureux. Ses séjours ultérieurs, plus ou moins longs, ont laissé des traces historiques et donné lieu à de nombreuses légendes. À travers des anecdotes de jeunesse enjolivées, à travers
l’image d’un Bonaparte hors norme qui, à Valence, préfigure déjà Napoléon, de multiples récits légendaires se sont alors ébauchés. À la croisée de l’Histoire et de la Mémoire, cet ouvrage ambitionne de faire découvrir ou redécouvrir ces récits en confrontant témoignages, souvenirs personnels, autobiographies, faits rapportés, chroniques et correspondances aux critiques et aux analyses méthodiques des historiens locaux ou universitaires. La comparaison entre les propos du vécu, souvent contradictoires et non dénués d’arrières pensées, et ceux des analystes, tributaires de leur méthode et de leurs temps, permet d’établir des faits, de mettre à jour diverses interprétations et de leur conférer un sens. Pour ce faire l’auteur s’est attaché à replacer témoignages et analyses dans le contexte national et local en accordant une attention toute particulière aux pratiques sociales, culturelles et politiques, et à leurs évolutions entre 1778 (année où le jeune Corse traverse la Drôme pour la première fois) et 1814 (date de son ultime passage à Valence).
Jeune lieutenant, empereur, puis souverain déchu, le destin de Napoléon se conjugue inexorablement avec Valence et la Drôme. C’est aussi, un des facteurs touristiques qui participe à la valorisation régionale car Bonaparte, personnage à la
fois historique et légendaire reste encore un peu Drômois... et Valentinois.


Format : 16 cm x 24 cm. Couverture pelliculée en couleurs.
Nombreuses gravures. Environ 320 pages.RETIRAGE SEPTEMBRE 2016

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TABLE DES MATIÈRES

CHAPITRE I
Bonaparte et Valence, une perspective historiographique
CHAPITRE II
Bonaparte à Valence et en Drôme, le temps des apprentissages et de la maturation, 1785-1786.
CHAPITRE III
Bonaparte et Valence en 1791 : l'émergence du " soldat-citoyen "
CHAPITRE IV
Passages et retours à Valence et en Drôme : l'éphémère vision d'une ascension sociale, militaire et politique -1792-1814 -
CHAPITRE V
Construction et déconstruction de la Mémoire de " Bonaparte àValence et en Drôme "
CONCLUSION

Présentation

Visitant Valence en 1834, le célèbre écrivain Alexandre Dumas invoque, non sans emphase, certaines personnalités locales dignes d'intérêt. Bien que la ville ait " été fondée en quinze cent avant Jésus-Christ, les traditions modernes ont prévalu sur les souvenirs antiques. Bonaparte sous-lieutenant y a fait oublier César général, le Pape Pie VI qui y mourut, et l'Empereur Constance qui y fut pris " . Quelques 170 ans plus tard, dans un registre fort différent, le très populaire Guide touristique du " Routard " érige le jeune Bonaparte au rang de patrimoine locale, à la croisée de l'Histoire et de la Mémoire : " alors simple lieutenant en second, (il) vient faire deux séjours studieux à la toute nouvelle école d'artillerie de la ville. De ces quelques mois passés en ville, on dit qu'il reçut un bon enseignement militaire, intellectuel et amoureux ! " . Au-delà des extrapolations et des confusions historiques, ces deux témoignages exaltent ainsi les souvenirs des séjours et des passages de Bonaparte à Valence et dans la Drôme, instituant de fait un subreptice lien entre un personnage majeur de l'histoire de France et la capitale du Rhône Moyen. Cette dernière, dans une perspective identitaire et touristique, tend d'ailleurs aujourd'hui à le considérer comme une véritable célébrité " locale " : " Tout frais émoulu de l'école militaire de Paris, un jeune lieutenant en second d'artillerie arrive à Valence le 6 novembre 1785…débute alors entre Valence et Napoleone de Buonaparte une longue histoire d'amitié " . Véritable épitaphe de la municipalité valentinoise, célébrant en 2002 ses " hôtes illustres et remarquables ", cette assertion invite finalement à regarder le jeune Bonaparte à la fois comme un personnage historique " de proximité ", mais encore comme un " lieu de mémoire " incontournable pour les Valentinois. Mais en quoi, précisément, Valence et Bonaparte sont-ils liés ? Que recouvre réellement cette " longue histoire d'amitié ", mise en exergue par les édiles municipaux, sous-entendue par un célèbre visiteur du XIXe et par un guide touristique du XXIe siècle ?
En 1821, depuis sa captivité de Sainte-Hélène, l'Empereur déchu, quelques mois avant sa mort, se remémorait encore avec délectation sa jeunesse valentinoise : " Je me rappelle avec plaisir mon séjour à Valence " . Ces propos, réels ou supposés, rapportés par le Grand-Maréchal Bertrand, un de ses compagnons d'exil, propos souvent repris et largement extrapolés par certains érudits et historiens valen-tinois, illustrent l'apprêt et les mises en scènes qui entourent les séjours et passages de Bonaparte.
À ce titre, il convient de considérer " Bonaparte et Valence ", selon la formule de l'historien Pierre Nora, comme un " lieu de mémoire " local , construit sur des faits historiques mais aussi autour de la légende et du mythe napoléonien. Se prêtant à toutes les lectures et à toutes les interprétations, un " lieu de mémoire " n'est pas ce dont on se souvient, n'est pas la tradition, mais le focus où la mémoire tra-vaille, réinterprète le passé, transforme la réalité et nourrit l'ima-ginaire. En ce sens, les traces des passages de Bonaparte, les souvenirs de ses séjours, demeurent contingents d'un tissu mémoriel en prise avec les évolutions culturelles, sociales et politiques du XIXe au XXIe siècle. Cette étude consacrée à " Bonaparte et Valence " ambitionne, en toute humilité, de se rattacher aux questionnements sur les rapports entre Histoire et Mémoire, deux concepts en interaction mais qui s'opposent intrinsèquement. Pierre Nora l'expose brillam-ment : " La mémoire est la vie, toujours portée par des groupes vivants et, à ce titre, elle est en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l'amnésie, inconsciente de ses déformations succes-sives, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations, susceptible de longues latences et de soudaines revitalisations. L'histoire est la reconstruction toujours problématique et incomplète de ce qui n'est plus. La mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel ; l'histoire, une représentation vécue au passé… la mémoire s'enracine dans le concret, dans l'espace, le geste, l'image, l'objet. L'histoire ne s'attache qu'aux continuités temporelles, aux évolutions et aux rapports des choses. La mémoire est un absolu et l'histoire ne connaît que le relatif " . Pour autant, histoire et mémoire ayant souvent partie liée, il importe à l'historien de mettre la mémoire en perspective et de mieux comprendre les enjeux à l'œuvre dans sa conservation, voire dans sa commémoration. Ces postulats, posés par Pierre Nora, invitent donc à interroger les séjours de Bonaparte à Valence et en Drôme en mettant en évidence les jeux mémoriels et en les éclairant par un travail critique.
En effet, depuis son exil de Sainte-Hélène, Napoléon, comme l'a énoncé avec perspicacité Jean Tulard, façonne l'image qu'il souhaite laisser à la postérité . À travers le " Mémorial ", la somme de ses souvenirs dictés pour la postérité à son fidèle comte de Las Cases, l'Empereur déchu se construit lui-même une image historique et édifie sa propre légende. Les quelques allusions de Napoléon sur ses séjours valentinois vont très rapidement être étayées par les témoignages des hommes qui l'ont côtoyé à Valence, par la publication des Mémoires de ses proches, témoins directs ou indirects de la jeunesse du lieutenant Bonaparte dans la Drôme. Les érudits drômois, la presse locale, les acteurs politiques départementaux, la littérature du voyage (récits de voyageurs, guides imprimés, romans touristiques, ouvrages descriptifs) se font ensuite les relais intéressés d'anecdotes historiques ou imaginaires, dressant à la fois l'histoire et la trame légendaire. Dans ce contexte, les historiens des XIXe et XXe siècles, en particulier les historiens locaux, ont souvent eu des difficultés à se départir des passions, de l'anecdotique et de la fable. Cela explique la diversité des récits historiques dont les analyses et les interprétations sont parfois contradictoires. Enjeux de mémoires et objets d'histoire, l'étude des séjours de Bonaparte, considérés comme un " lieu de mémoire ", ne peut donc s'esquisser qu'en croissant différentes sources, tout en tenant compte de la spécificité des genres.
L'ambition de cet ouvrage est de proposer une synthèse structurée sur " Bonaparte et Valence ", à partir des témoignages historiques (recueils de souvenirs personnels, autobiographies, faits rapportés, chroniques, correspondances), en les confrontant aux discours critiques et aux analyses méthodiques des historiens locaux ou universitaires du XIXe siècle à nos jours. Les comparaisons entre les propos du vécu (les témoignages) souvent contradictoires et non dénués d'arrières pensées, et ceux des analystes (les historiens), tributaires de leurs méthodes et de leurs temps, devraient permettre d'établir des faits, de mettre à jour diverses interprétions et de leurs conférer un sens. Pour ce faire, il importe de replacer les témoignages et les analyses dans leurs contextes historiques et de considérer l'histoire de " Bonaparte et Valence " comme un sujet d'histoire globale. Il semble en effet indispensable de montrer comment Bonaparte agit dans la société à laquelle il appartient. Il apparaît donc nécessaire d'évoquer systématiquement ce qui caractérise cette société de la fin du 18e siècle. La trajectoire singulière de Bonaparte, perceptible à travers ses séjours et passages à Valence, ne peut se comprendre qu'en tenant compte du contexte national et local. C'est pourquoi, dans cet ouvrage, une attention toute particulière à été accordée aux pratiques sociales, culturelles et politiques, et à leurs évolutions entre 1778 (année où le jeune Corse met les pieds sur le continent et traverse Valence pour la première fois, avec son frère Joseph et son père qui les emmène au collège d'Autun) et 1814 (date de son ultime passage dans la ville de Valence).
Les dix-huit passages de Bonaparte à Valence et en Drôme, entre 1778 et 1814, ont laissé des traces, la plupart sous forme d'écrits rédigés par des témoins. Ces traces du passé, soumises aux raisonnements critiques des historiens, ont ensuite permis de reconstituer des faits, de mettre en récit des événements et de leur donner sens. La démarche et le dessein de l'étude de synthèse qui prévaut ici, visent à la connaissance historique avec un souci permanent d'impartialité. Cela implique de donner la parole aux témoins et aux historiens, de dégager des cohérences et de pointer des contradictions. Cette méthode, très largement comparative, permet de se soustraire des discours partisans et de la logique hagiographique. Elle engage aussi à un référencement rigoureux des sources. Cela permet de s'interroger à la fois sur les faits et leur véracité, mais également sur les manières dont ils sont rapportés. On peut ainsi espérer repérer le va et vient constant entre l'imaginaire et le réel, et essayer de mettre en perspective l'histoire et les enjeux de mémoire.
En dressant le panorama, non exhaustif, des interactions entre le légendaire et le probable, entre les mémoires et les histoires, il paraît alors possible d'esquisser l'histoire et d'interroger la mémoire de Bonaparte à Valence et en Drôme : Comment le tissu mémoriel s'est-il édifié ? Comment est-on passé des souvenirs personnels et d'une mémoire-enjeu, construite par l'Empereur déchu, à une mémoire collective partagée ? Comment la connaissance historique et son présupposé critique ont-ils répondu ? Finalement, pourquoi peut-on aujourd'hui considérer les deux séjours et les passages de Bonaparte à Valence et en Drôme, comme un véritable patrimoine local, vecteur possible des identités valentinoise et drômoise ?
Les études sur la jeunesse de Napoléon ont été déformées par de nombreuses légendes et extrapolations, par le jeu des passions politi-ques, autant de données qui alimentent des interprétations historiogra-phiques parfois contradictoires. L'histoire ne s'émancipe en effet que difficilement des enjeux de mémoire qu'elle contribue par ailleurs à asseoir et à diffuser. Le registre historiographique et le registre mémoriel interférent donc constamment et se nourrissent mutuelle-ment. " La légende puis la contre légende ont contribué à brouiller la figure de Napoléon " . Ce constat, énoncé par Jean Tulard, et creusé ensuite par Natalie Petiteau , prévaut bien entendu pour les années de jeunesse de Bonaparte.
Cet ouvrage aspire ainsi à croiser " l'histoire scientifique " et la légende en espérant dévoiler la part de vérité et la part de mystification qui s'y rapportent. La perspective historiographique (chapitre I), l'état des lieux raisonné des sources, doit donc dans un premier temps ouvrir le récit chronologique des dix-huit passages de Bonaparte à Valence et en Drôme. La trame narrative privilégiée pour les étudier et les comprendre, repose ensuite sur le dialogue permanent entre le parcours individuel et l'expérience vécue du jeune Corse avec le contexte français et valentinois, de 1778 à 1814. Si une attention toute particulière a été accordée aux deux long séjours, 1785-1786 (Chapitre II " Le temps des apprentissages et de la maturation "), et 1791 (chapitre III " L'émergence du soldat - citoyen), pour autant aucun des passages antérieurs et ultérieurs, même des plus fugaces, n'a été négligé. Il s'agit de rendre compte, à travers ceux-ci, de l'ascension sociale et politique de Bonaparte notamment, entre 1792 et 1814 (chapitre IV " Passages et retours à Valence "). Dans un dernier temps, la problématique fondatrice de cette étude a finalement conduit à interroger le tissu mémoriel local, en essayant de mettre en évidence comment cet succession de passages, apparemment sans cohérence, a permis de construire, voire de déconstruire, la Mémoire jusqu'à nos jours (chapitre V).

EXTRAIT /

CHAPITRE I

Bonaparte et Valence,
une perspective historiographique

L'historiographie, " l'histoire de l'histoire ", est l'étude des discours historiques. C'est l'histoire de la discipline, de ses méthodes d'enquête et d'écriture. La connaissance historique est en effet " fille de son temps ". Elle s'écrit et se pense dans un cadre temporel et spatial déterminant. Une synthèse sur " Bonaparte et Valence " ne peut donc faire l'économie d'un état des lieux historiographique, mettant en évidence les diverses sources qui ont permis aux historiens et érudits de construire leurs récits. Il s'agit également de comprendre comment, au fil des années, les sources ont été interrogées et inter-prétées, selon quelles modalités, et finalement quelles étaient les intentions sous-tendant l'écriture. Si chaque époque impose ses points de vue à l'écriture de l'histoire, la personnalité de l'auteur, ses engagements et sa position sociale entrent également en jeu dans le processus d'élaboration historique.
Mémoires d'un Empereur,
écrits d'un jeune officier en garnison à Valence.
Il est reconnu que l'histoire napoléonienne, en particulier les écrits sur la jeunesse de Bonaparte, recourent très largement aux témoignages, depuis celui de l'Empereur déchu, mettant en scène sa geste à Sainte-Hélène, jusqu'aux " Mémoires " de son entourage et de ceux qui l'ont côtoyé à Valence. Ce sont ces " témoins référents " qui finissent par constituer les fondements des interprétations, puis des vérités historiques. Christophe Prochasson, directeur d'étude à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales, analysant cette invasion de la mémoire, met en exergue la notion de " tyrannie du témoignage ", enjoignant les historiens et les amateurs d'histoire à s'en méfier : " On fait peu de cas des conditions de sa production, des motivations qui poussent le témoin à témoigner, encore moins des effets de son mode de collecte " . L'intentionnalité, qui sous-tend l'acte de témoigner, doit donc faire l'objet d'une étude critique afin d'en débusquer les visées partisanes, les projections politiques et le dessein personnel que présuppose la reconstruction de soi, la scénarisation d'une destinée pour la postérité.
La mise en récits des séjours de Bonaparte à Valence et dans la Drôme, s'ébauche fondamen-talement à partir des paroles de l'intéressé, paroles rapportées par son entourage et publiées au XIXe siècle dans des ouvrages à succès. Dans une certaine mesure, c'est bien Bonaparte lui-même qui met en scène, par bribes, l'histoire et la légende de sa jeunesse valentinoise. Le comte de Las Cases apparaît dès lors comme le témoin par excellence, avec la publication, près de deux ans après la mort de l'Empereur, en 1823, du " Mémorial de Sainte-Hélène ", véritables Mémoires de Napoléon. Il s'agit, aux dires même de Las Cases, ancien chambellan et compagnon d'exil de l'Em-pereur déchu, d'un ensemble de notes dictées, de propos tenus, de faits et gestes du " captif de Sainte-Hélène ", amalgame hétéroclite consigné à posteriori par l'auteur : " Les circonstances les plus extra-ordinaires m'ont tenu longtemps auprès de l'homme le plus extra-ordinaire que présentent les siècles… j'ai recueilli, consigné, jour après jour, tout ce que j'ai vu de Napoléon, tout ce que je lui ai entendu dire, durant les dix-huit mois que j'ai été auprès de sa personne… J'entreprends d'inscrire ici, jour par jour, tout ce qu'a dit et fait l'Empereur, durant le temps où je me suis trouvé près de lui " .
On découvre, dans " Le Mémorial ", un Napoléon mettant en scène la vie du sous-lieutenant, puis lieutenant Bonaparte à Valence, partagé entre son service dans l'artillerie, ses lectures, ses travaux d'écriture, ses liens sociaux avec les notables valentinois et sa maturation politique en phase avec le processus révolutionnaire : " Napoléon se trouvait à Valence au moment où commença la Révolution ; à ce moment, on attachait une importance spéciale à faire émigrer les officiers d'artillerie ; ceux-ci, de leur côté, étaient forts divisés d'opinions. Napoléon, tout aux idées du jour, avec l'instinct des grandes choses et la passion de la gloire nationale, prit le parti de la Révolution, et son exemple influa sur la grande majorité du régiment. Il fut très chaud patriote sous l'Assemblée Constituante ; mais la Législative devint une époque nouvelle pour ses idées et ses opinions " . La légende se construit à travers des anecdotes de jeunesse enjolivées, à travers l'idée esquissée d'une prédestination, à travers, finalement, l'image d'un Bonaparte hors norme qui, à Valence, préfigure déjà Napoléon. Ce dernier, par la plume de Las Cases, flatte son égo et dresse un autoportrait de sa jeunesse valentinoise pour le moins idéaliste.
À Valence, Bonaparte se serait ainsi distingué par " son extrême instruction " ; qui plus est " son esprit était vif, prompt, sa parole énergique ; partout il était remarqué et obtenait beaucoup de succès auprès des deux sexes, surtout auprès de celui qu'on préfère à cet âge ; et il devait lui plaire par des idées neuves et fines, par des raisonnements audacieux… Beaucoup de ceux qui l'ont connu dans ses premières années lui ont prédit une carrière extraordinaire " . Ses " amourettes ", tout juste esquissées, avec Mlles de Laurencin et Saint-Germain, qui " faisaient dans ce temps-là les beaux jours de Valence " , vont nourrir la légende et donner lieu à de multiples interprétations. La littérature romanesque et la petite histoire vont, par exemple, s'emparer de cette simple allusion romantique à Mlle Caro-line du Colombier : " On n'eut pas pu être plus innocent que nous ; nous nous ménagions de petits rendez-vous ; je me souviens encore d'un, au milieu de l'été, au point du jour ; on le croira avec peine, tout notre bonheur se réduisit à man-ger des cerises ensem-ble " . Dans " Le Mé-morial ", Napo-léon cons-truit son image, en tra-vestissant parfois la réalité. Ainsi, son échec au con-cours littéraire et phi-lo-sophique organisé par l'Aca-démie de Lyon, en 1791, se transforme en incon-tes-table succès.
Cet écrit, rédigé à Valence, sur la thématique du Bonheur (" Quelles vérités et quels sentiments importe-t-il le plus d'inculquer aux hommes pour leur bonheur ? "), fut, d'après " Le Mémorial ", " fort remarqué " et Bonaparte " remporta un prix " . Or, comme l'atteste l'historien valentinois André Blanc, reprenant le verdict du jury, le revers du jeune lieutenant est patent et les appréciations peu flatteuses: " ce discours est au-dessous du médiocre… c'est l'ouvrage d'un homme sensible mais, il est trop mal ordonné, trop disparate, trop décousu et trop mal écrit… ce discours est un songe très prononcé " .
La matrice des discours légendaires sur la jeunesse valentinoise de Bonaparte s'ébauche donc, pour partie, dans le " Mémorial de Sainte-Hélène ", écrit par Las Cases. La légende s'étoffe et se perpétue avec les Mémoires rédigés par d'autres compagnons de captivité de l'Empereur déchu, tels le docteur O'Meara , le docteur Antom-marchi , le général de Montholon , le général Gourgaud , le général Bertrand et Louis Marchand (son valet de chambre) . Ces témoi-gnages, qui prétendent tous retranscrire avec exactitude les pensées de Napoléon et porter sa parole, doivent de fait être considérés comme les simples relais de souvenirs sélectionnés et reconstruits par et/ou pour l'Empereur. Ils alimentent à la fois l'histoire et la mémoire. Ils constituent la source primaire des travaux historiques et légendaires sur les séjours drômois de Bonaparte.
Dans un registre assez proche, la longue publication de la correspondance permet de pénétrer son intimité et met en lumière, par des lettres officielles ou à caractère privé, différents aspects de sa personnalité. Cette correspondance éclaire, dans une certaine mesure et par fragments, son état d'esprit, ses rêveries, ses réflexions et ses opinions au cours de ses divers passages à Valence et dans la Drôme. La correspondance de Napoléon Bonaparte constitue ainsi une source primordiale pour les recherches des biographes et des historiens, qui l'exploitent " à la manière d'une source orale à distance " . C'est, en effet, la voix de l'intéressé, ses affects, son destin qui sont censés trans-paraître des lettres reçues ou adressées. Tels des matériaux à l'état brut, la correspondance serait gage d'exactitude factuelle, per-met-tant d'accéder à la vérité historique. C'est du moins la prétention affichée par la première compilation, parue dès 1819-1820, la " Corres-pondance inédite et officielle de Napoléon Bonaparte avec les cours étrangères, les princes, les ministres et les généraux français et étrangers " : " L'authenticité des lettres que nous publions n'a pas besoin d'être prouvée… Nous nous bornerons donc à dire que cette correspondance a été fidèlement copiée sur les pièces originales, alors qu'elles étaient déposées dans le cabinet particulier de Bonaparte. Nous avons longtemps hésité pour la livrer à l'impres-sion ; mais dans un moment où chacun s'empresse de fournir à l'his-toire tous les matériaux, tous les documents nécessaires pour transmettre à la postérité les faits exacts d'une des périodes les plus remarquables des annales françaises, nous nous sommes enfin déterminés à ne pas priver les contemporains d'un recueil aussi précieux " . Malgré ces certitudes, la correspondance, comme tous documents historiques, doit être soumise à une vigoureuse analyse critique, car s'y loge parfois la mise en scène et les faux-semblants. Mais au-delà de la perspective méthodologique, la lettre, notamment celle à caractère privée, est souvent considérée comme le témoignage par excellence, ouvrant l'accès à l'intimité et aux états d'âme. Elle ne saurait laisser indifférent son lecteur qui, comme par effraction, s'approprie des confidences et perçoit la présence de son auteur. La correspondance autorise ainsi un regard singulier, grâce à l'édition ordonnée, dès 1858, par le futur Napoléon III , et prolongée par la publication dirigée par Picard et Tuetey, en 1912-1915 .
Il faut également compter, en ce qui concerne les séjours drômois de Bonaparte, avec les travaux de recherches et de compilations d'historiens des XIXe et XXe siècles, tels le baron de Coston , le corse Toussaint Nasica , les méthodiques Guido Biagi et Frédéric Masson , Théodore Iung , Arthur Chuquet , Léonce de Brotonne et Ernest d'Hauterives . Comme le souligne Florian Louis, dans la " Revue du Souvenir Napoléonien " , cette substantielle correspon-dance de Bonaparte, doit être regardée comme un témoignage direct, " à chaud ". Sa valeur historique paraît, sinon bien supérieure, du moins égale aux Mémoires rédigées après coup. Elle permet de dresser le portrait d'un jeune officier inscrit dans son temps, dont les préoccu-pations sont en phase avec son âge, sa situation sociale et son époque. On y découvre un jeune corse nostalgique de son île, préoccupé par sa famille, avide de culture et rêvant d'un destin glorieux. Par ses préférences philosophiques (Rousseau et Raynal), par son goût pour l'antiquité, par son intérêt pour l'éducation et la pédagogie, par son engagement politique, il s'avère, à l'instar de sa génération, fils des Lumières et acteur du processus révolutionnaire.
Toussaint Nasica, puis Frédéric Masson, par exemple, ont exhumé et publié, un courrier très intéressant, adressé par Bonaparte à son oncle Fesch et rédigé à Serves, près de Saint-Vallier, le 8 février 1791 : " J'ai trouvé partout les paysans très fermes sur leurs étriers. Surtout en Dauphiné, ils sont tous disposés à périr pour le maintien de la Constitution. J'ai vu à Valence un peuple résolu, des soldats patriotes et des officiers aristocrates… Les femmes sont partout royalistes. Ce n'est pas étonnant. La liberté est une femme plus jolie qu'elles qui les éclipse " . Cette missive de jeunesse, comme tant d'autres, donne ainsi corps au personnage historique, dévoilant ses pensées profondes, ses opinions, ses états d'âme, jusqu'à son intimité. Il en est de même pour sa correspondance galante.
Les émois sentimentaux de ce jeune homme, en garnison dans une petite ville de province, peuvent être mis à jour, du moins approchés, par le biais de trois séries de lettres " amoureuses ", datées du second séjour valentinois de Bonaparte, en 1791. Ces lettres ont été retrou-vées et publiées, de façon très fragmentaire, dès 1825 . Il importe cependant, à l'image du travail de Séverin , d'entreprendre une étude critique de cette correspondance, réelle ou supposée, d'autant plus que les prénoms des demoiselles ont parfois été changés et que les dates ne concordent pas toujours. La première série de trente-trois lettres (da-tées pour les premières de Valence, puis de Paris), conservée par des héritiers anonymes, a été éditée par Benjamin Gadobert . Ces lettres sont adressées par Bonaparte à une certaine Mme D., originaire de Lyon et résidant à Valence, dont le mari royaliste a été arrêté et emprisonné (il décédera en prison). Cette Mme D. serait-elle Françoise-Marie-Emilie Pellapra, la maîtresse lyonnaise de Napoléon ? Les dates ne concordent pas. Ces lettres ne sont-elles que des faux ? Leur style s'apparente, à plus d'un titre, à celui de la correspondance postérieure de l'Empereur, notamment ses lettres à Joséphine, mais le doute demeure : " Vous persistez dans votre résolution… ? Eh bien, à trois heures précises, je serai à l'Épervière. Je m'y rendrai pas le chemin de Soyons à Valence ; vous, tâchez d'y arriver par les prairies, afin d'échapper au regard des promeneurs " .

Le chemin de l'Épervière

La seconde série, constituée de cinq lettres adressées par le jeune Bonaparte à Emma, a fait l'objet d'une vente aux enchères à l'hôtel Drouot, en novembre 1832. Ces lettres ont été publiées pour partie par la " Revue des Études Napoléoniennes ", en janvier 1833 . L'écriture et les senti-ments exprimés semblent bien ceux d'un jeune homme en proie avec ses premiers tourments amoureux : " Seriez-vous ou méchante, ou votre cœur aurait-il été donné ? Emma, un mot : aimez un peu qui vous aime trop ; laissez-moi lire dans votre âme " . Quant à la personnalité de cette mystérieuse Emma, on reste réduit à des conjectures : Caroline du Colombier ? Amélie de Laurencin ? Adélaïde de Saint-Germain ?… La troisième série de lettres publiées par le comte André de Montalivet, en 1955 , concerne la corres-pondance entre Adélaïde de Saint-Germain et Jean-Pierre de Monta-livet (qu'elle épousera). Bonaparte est toutefois très présent, puisque Adélaïde indique qu'elle a reçu plusieurs lettres de " M. de Bo. " et qu'elle évoque des sentiments à son encontre.
L'histoire de la jeunesse de Bonaparte doit donc indéniablement prendre en compte sa correspondance, officielle et privée, qui initie des pistes de réflexions, mais multiplie aussi les interrogations. Elle permet de pénétrer l'espace intime et constitue une intéressante source historique. Néanmoins, comme tous documents, ces lettres de jeunesse doivent être soumises à l'analyse critique et confrontées avec d'autres écrits valentinois du jeune Bonaparte. Les travaux littéraires et les divers opuscules, rédigés lors de ses deux séjours à Valence, 1785-1786 et 1791, permettent à bien des égards de saisir sa personnalité complexe et d'apprécier sa trajectoire et sa conduite. Frédéric Masson a, par exemple, publié, d'après les manuscrits conservés à la bibliothèque de Florence et mis à disposition par Guido Biagi, trois écrits fragmentaires : " Sur la Corse " daté du 26 avril 1786, " Sur le suicide " daté du 3 mai 1786 et " La réfutation du pasteur Roustan " daté du 9 mai . On y découvre une pensée nourrie par la lecture de l'abbé Raynal et de Rousseau , un esprit imprégné de corsisme, un patriote convaincu et admiratif du héros corse Pascal Paoli : " le pacte, par lequel un peuple établit l'autorité souveraine dans les mains d'un corps quelconque, n'est pas un contrat, c'est-à-dire que le peuple peut reprendre à volonté la souveraineté qu'il avait commu-niquée… Ainsi les Corses ont pu, en suivant toutes les lois de la justice, secouer le joug génois, et pourront en faire autant de celui des Français " .
Dans son écrit, " Sur le suicide ", c'est une toute autre facette du jeune homme qui apparaît, une âme mélancolique, tourmentée, l'expression d'un mal-être : " Toujours seul au milieu des hommes, je rentre pour rêver avec moi-même et me livrer à toute la vivacité de ma mélancolie. De quel côté est-elle tournée aujourd'hui ? Du côté de la mort. Dans l'aurore de mes jours, je puis encore espérer de vivre longtemps. Je suis absent depuis six à sept ans de ma patrie. Quels plaisirs ne goûterai-je pas à revoir dans quatre mois et mes compa-triotes et mes parents ! Des tendres sensations que me fait éprouver le souvenir des plaisirs de mon enfance, ne puis-je pas conclure que mon bonheur sera complet ? Quelle fureur me porte donc à vouloir ma destruction ? Sans doute, que faire dans ce monde ? Puisque je dois mourir, ne vaut-il pas autant se tuer ? Si j'avais déjà passé soixante ans, je respecterais le préjugé de mes contemporains et j'attendrais patiemment que la nature eût achevé son cours ; mais puisque je commence à éprouver des malheurs, que rien n'est plaisir pour moi, pourquoi supporterais-je des jours que rien ne me prospère ? Que les hommes sont éloignés de la nature ! Qu'ils sont lâches, vils, rampants ! Quel spectacle verrai-je dans mon pays ? Mes compa-triotes chargés de chaînes et qui baisent en tremblant la main qui les opprime ! Ce ne sont plus ces braves Corses qu'un héros animait de ses vertus, ennemis des tyrans, du luxe, des vils courtisans. Fier, plein d'un noble sentiment de son importance particulière, un Corse vivrait heureux s'il avait employé le jour aux affaires publiques… La vie m'est à charge parce que je ne goûte aucun plaisir et surtout elle est peine pour moi. Elle m'est à charge parce que les hommes avec qui je vis et vivrai probablement toujours ont des mœurs aussi éloignées des miennes que la clarté de la lune diffère de celle du soleil. Je ne peux donc pas suivre la seule manière de vivre qui pourrait me faire supporter la vie d'où s'ensuit un dégoût pour tout " .
C'est encore à Masson et à Biagi que l'on est surtout redevable de la publication des écrits valentinois de Bonaparte en 1791. Bonaparte a mûri et s'est affirmé, comme le met en évidence son " Dialogue sur l'Amour " , où il se met en scène avec son ami des Mazis et une certaine Adélaïde : " Qu'est-ce que l'amour ?... je fus jadis amoureux et il m'en est resté assez de souvenirs pour que je n'aie plus besoin de ces définitions métaphysiques qui ne font jamais qu'embrouiller les choses. Je vous dis plus que de nier son existence. Je le crois nuisible à la société, au bonheur individuel des hommes, enfin je crois que l'amour fait plus de mal… et que ce serait un bienfait d'une divinité protectrice que de nous en défaire et d'en délivrer le monde " .
En 1791, l'écrit fondamental pour approcher la pensée de Bonaparte, est sans conteste son mémoire sur le bonheur, composé pour l'Académie de Lyon. Publié par Frédéric Masson, repris et enrichi par Arthur Chuquet et Théodore Iung , ce discours conséquent renferme des lignes très personnelles sur le bonheur de l'humanité, la Raison, le génie, l'ambition et les passions. Il éclaire la personnalité et la pensée profonde de ce jeune homme de 22 ans, en phase avec la configuration culturelle et intellectuelle de l'époque, aux prises avec le processus révolutionnaire national et un contexte local compliqué.
Ainsi, les souvenirs de l'Empereur sur sa jeunesse qui nourrissent le " Mémorial de Sainte-Hélène " et ses appendices, doivent être lus à l'aune de sa correspondance et de ses écrits valentinois. On peut considérer ce corpus hétérogène comme la source primordiale pour une étude sur les séjours et passages de Bonaparte à Valence et dans la Drôme. Cet ensemble de témoignages directs, " à chaud ", même s'il doit être soumis à l'analyse critique et contextualité, véhicule la parole réelle ou supposée du jeune corse. Cette " source orale à distance ", ces discours de Bonaparte doivent cependant être appréciés à leur juste valeur. Ils doivent être mis en perspective avec les Mémoires de son entourage, Mémoires rédigés après coup mais dont l'intérêt ne saurait être négligé.
Mémoires des proches, écrits de l'entourage.
Le genre littéraire considéré ici recoupe tout à la fois le journal intime, le récit autobiographique, le recueil épistolaire et le témoignage du mémorialiste. Il s'agit donc des écrits rassemblant les souvenirs d'une personne ayant été acteur ou témoin de la jeunesse de Bonaparte à Valence. Leur publication est bien souvent très posté-rieure à leur rédaction, soit du vivant de l'auteur et de son plein gré, soit des années après sa mort à la faveur de leurs " redé-cou-vertes " fortuites. Un des exemples le plus probant s'applique sans doute aux " Cahiers d'Alexandre des Mazis ". Alexandre des Mazis (1768-1841) est peut-être le plus intime des amis de jeunesse de Napoléon Bona-parte. Cette amitié, née à l'École militaire de Paris, se prolonge à Valence où tous deux sont affectés. Séparés un temps par la Révo-lution, Alexandre des Mazis ayant immigré, ils se retrouvent sous le Consulat et demeurent proches sous l'Empire, des Mazis étant désormais en charge du Garde-meuble impérial. Rédigés tardivement (vers 1835) par un homme vieillissant, ces courts mémoires n'étaient pas destinés à la publication, mais relevaient plutôt de l'archive patrimoniale à caractère familial et privé. Ils n'ont été édités et diffusés au grand public qu'en 1954 comme appendice à l'ouvrage de Paul Bartel, " La jeunesse inédite de Napoléon " . Alexandre des Mazis y fait mention de sa relation de jeunesse avec Bonaparte et de leur quotidien à Valence. Malgré le regard très critique porté par Robert Laulan qui relève de nombreuses inexactitudes et confusions , les souvenirs de des Mazis fourmillent d'anecdotes sur le premier séjour de Bonaparte à Valence et en Drôme, telle cette grisante chevauchée à Chabeuil : " Peu de jours après notre arrivée à Valence, Buonaparte me proposa de faire une course à cheval à Chabeuil. Nous avions encore nos uniformes de l'École militaire, nous prîmes des chevaux de louage et ne fîmes qu'un temps de galop. Mon frère qui nous vit partir était fort effrayé de " voir d'aussi mauvais cavaliers monter d'aussi mauvais chevaux ". Une fois lancé, nous ne pûmes les retenir, nous traversâmes un village à toute bride, nos cheveux épars, la poudre qu'ils renfermaient répandues sur nos habits, ce qui nous fit prendre pour des contrebandiers ; nous revîn-mes à Valence avec le même train et fûmes plusieurs jours à nous remettre de cette équipée, qui fut toujours pour Buonaparte un souvenir plein de charme parce qu'il lui rappelait ce premier élan de sa jeunesse libre " .
Dans un registre assez proche, les Mémoires de Louis Bonaparte , dictés à son secrétaire en 1836, et l'abondante correspondance échangée avec son ami valentinois François Mésangère, publiés et commentés en 1889 par le baron de Coston , livrent quelques détails intéressants sur le second séjour à Valence. Les relations entre le jeune Louis, âgé de 13 ans, confié à son frère aîné de 22 ans, les fréquen-tations de Bonaparte en 1791, trouvent par exemple leurs places dans ces écrits non dénués d'arrière-pensées, en lien avec les rapports quelque peu conflictuels des deux frères sous l'Empire.
Le genre mémoriel, en effet, pose la question de l'intentionnalité des auteurs, des motivations profondes qui les poussent à témoigner. Le " mémorialiste " diffuse sa propre vision des événements, parfois a posteriori, au risque de déformer les faits, de transmettre une image partielle, voire partiale. C'est notamment le cas de ses proches, membres de sa famille ou personnalités de la Cour impériale, qui, au gré de leurs souvenirs, évoquent des anecdotes tel Joseph , relatent des propos de l'Empereur entendus ou rapportés en rapport avec sa jeunesse valentinoise, à l'exemple du baron de Bausset (préfet du Palais) ou de Caulaincourt (duc de Vicence) . Si ces Mémoires de parents ou de proches apportent parfois leur caution historique ou testimoniale, plusieurs écueils peuvent en altérer le genre. Les affects de l'auteur, depuis le discours partisan et parfois hagiographique jusqu'au rejet patent et calomnieux que l'on trouve par exemple dans le récit de la duchesse d'Abrantès , mettent en évidence les limites du genre.
Ainsi le corpus de Mémoires sur la jeunesse de Bonaparte à Valence et en Drôme publié aux XIXe et XXe siècles (présenté ici de façon non exhaustive ), s'il met à jour des faits et des paroles, réels ou supposés, est à prendre avec une extrême circonspection. Il nourrit la narration historique, lui donne plus de relief, mais alimente également l'illusion et la légende. En 1839 déjà, le " Courrier de la Drôme et de l'Ardèche ", journal orléaniste, fustigeait, non sans exagération et dédain, ces " fabricateurs de mémoires " : " La plupart de ceux qui prennent la plume pour initier le public aux évènements de leur vie, se proposent avant tout de rehausser leur importance personnelle ; sur un piédestal, élevé de leurs mains, ils se prodiguent à eux-mêmes les faciles hommages d'une adulation sans retenue ; rien ne leur coûte pour relier les détails les plus indifférents de leur intérieur aux intérêts les plus puissants de l'État : s'ils viennent à nommer un homme célèbre, ils prouvent par mille anecdotes mensongères, qu'ils ont eu avec lui des relation d'intimité. Pour ne citer qu'un exemple, Madame d'Abrantès, parlant de la jeunesse de Napoléon, est un modèle du genre. En somme, les mémoires, sauf quelques exceptions, sont à peine des romans historiques " . Si l'historien, sans les négli-ger, doit donc prendre avec prudence les souvenirs familiaux et ceux de l'entourage impérial, il doit tout autant tenir compte et se méfier des paroles de Valentinois et de Drômois, témoins autoproclamés des séjours et passages de Bonaparte à Valence et dans la Drôme.

Paroles de Drômois.
L'historienne Annette Wieviorka plaide pour une écriture lucide de l'histoire qui consent à la coexistence bénéfique des témoignages et des œuvres historiques . Les témoins, par leurs vécus et leurs réflexions intimes en prise avec le contexte local, éclairent en effet les savoirs historiques par la diversité de leurs expériences et la multiplicité des points de vue. En ce sens, il paraît indispensable, dans cette étude, de donner corps et chaleur au récit par le recours aux témoins - acteurs valentinois de la fin du XVIIIe et du début XIXe. Enrichissant le regard critique par la connaissance sensible de l'envi-ronnement valentinois, ils donnent une atmosphère et une " authen-ticité " remarquables aux écrits. Tel est le cas du " Journal d'un Bourgeois de Valence ", une œuvre posthume publiée par le biblio-phile dauphinois Adolphe Rochas , qui relate les événements survenus dans la ville entre la 1er janvier 1789 et le 9 novembre 1799. On retrouve entre autres dans cette chronique (ainsi que dans l'ouvrage du baron de Coston et chez Marius Villard ), l'anecdote, réelle ou imaginaire, de la mendiante de l'église Saint-Jean reprise par l'historien valentinois Marius Léty : " Au moment où Bonaparte va franchir le seuil du saint lieu, il est accosté par une femme qui paraît très malheureuse et qui lui demande l'aumône. Elle tient deux enfants sur ses bras. Le jeune lieutenant la regarde, elle et ses deux enfants, tire un écu de trois livres de sa poche et le lui met dans la main. Etonnée d'une générosité pareille, la pauvresse le fixe à son tour et lui dit : Merci, mon lieutenant, je vous souhaite une couronne. C'est bien possible, répond gravement Bonaparte en pénétrant dans l'égli-se " . Quel crédit accorder à ce témoignage ? La méthode critique et la prudence s'imposent bien évidemment, mais que cette parole soit rapportée ou qu'il s'agisse d'une falsification, elle n'en nourrit pas moins la légende et éclaire l'histoire de la mémoire de " Bonaparte et Valence ".
La mémoire a posteriori, le témoignage distant, subissent l'influ-ence de ce que le prétendu témoin a lu et entendu des faits. Ainsi pour les Drômois, témoins directs ou indirects, interrogés dans les années 1830-1840 par le baron de Coston et par le " Courrier de la Drôme et de l'Ardèche ", se posent inévitablement la question de la véracité et de l'objectivité des sources orales. Néanmoins, comme le soutien le philosophe Paul Ricoeur, les témoignages et leurs confrontations doivent être le point de départ du récit de l'historien . Le baron de Coston, officier supérieur d'artillerie en retraite à Valence, initie ce mouvement en 1840 par sa " Biographie des premières années de Napoléon Bonaparte " qui s'appuie sur une compilation raisonnée des actes, archives locales, lettres, notes, dont beaucoup d'inédits, minu-tieusement rassemblés. Outre cette compilation exhaustive, cet érudit se singularise surtout par le recours aux témoins locaux, solli-cités, interrogés et abondamment cités dans son ouvrage. Il exploite les témoignages directs des quelques Drômois toujours vivants dans les années 1830 et qui prétendent avoir approché Bonaparte lors de ces séjours. Il utilise également les témoignages indirects, bien plus sujets à caution, de ceux qui relatent des anecdotes racontées, entendues, des souvenirs transmis souvent dans le cadre familial. Si le baron de Coston, par souci méthodologique, s'efforce de confronter ses témoins, entre eux et avec les archives, afin de " neutraliser " la subjectivité de leurs souvenirs souvent flous et passionnels, en 1841 les journalistes du " Courrier de la Drôme et de l'Ardèche " n'apparaissent pas aussi précautionneux et rigoureux. La perspective journalistique les incite à considérer les témoignages, même les plus douteux, comme la source fondamentale et probante du récit historique. C'est tout d'abord Mme Chambon, la nièce de Catherine Mayousse, la gouvernante de la pension Bou en 1785, qui, d'après ses souvenirs d'enfance, est chargée de " décrire " la première soirée de Bonaparte à Valence . Ce sont ensuite " les descendants ", " fils, petits-fils, neveux et petits neveux " qui sont érigés en " témoins oculaires " des réunions dans le café-cercle contigu à la chambre de Bonaparte dans la maison Bou . C'est enfin " M. de Sinard fils, qui vit encore, et qui, en 1785, était fort jeune, se rappelle parfaitement les traits, les habitudes de Bonaparte, et mieux encore celles de son ami des Mazis " , etc…. Au début des années 1840, " Le feuilleton " publié par " Le Courrier de la Drôme et de l'Ardèche ", et, dans une moindre mesure, la biographie du baron de Coston, dépeignent l'histoire telle que certains témoins - acteurs locaux l'ont vécue ou ressentie, une histoire vivante et sensible, presque intimiste. Mais, comme le souligne l'historien Fran-çois Hartog , cette posture pose le problème de la distance historique et celui de l'objectivité. En d'autres termes, les témoins drômois, plusieurs dizaines d'années après les passages de Bonaparte dans la région, n'extrapolent-ils et ne survalorisent-ils pas leurs propres vécus ? N'y a-t-il pas une reconstruction, consciente ou inconsciente, à posteriori des faits ? Sur ce point, les souvenirs de Pierre-Auguste Bou semblent assez significatifs.
Pierre-Auguste Bou (1753-1841) est le demi-frère de Mlle Bou qui logea Bonaparte lors de ces deux séjours à Valence (1785-1786, 1791). Son témoignage, exploité par certains historiens locaux des XIXe et XXe siècles , est repris et annoté, d'une façon très critique, dans le " spécial Bonaparte " des " Petites Annales de Valence " en juin 1969. Les confusions et les erreurs (volontaires ?) qui jalonnent le récit de ce témoin autoproclamé, généralisent son expérience et donnent une importance démesurée à sa propre personne et à sa famille : " Napoléon venait, dans de courts instants, s'asseoir près de nous, afin nous disait-il " de secouer ses oreilles ", et de goûter le tabac de mon père, qui lui était souvent refusé, mais qu'il saisissait, dès qu'il en trouvait l'occasion avec une vivacité joyeuse. Il nous faisait lecture des ouvrages auxquels il travaillait avec ardeur dans sa chambre où il se tenait toujours enfermé. Je les lui fis imprimer à Valence et à Lyon… À voir mon père sur la promenade du Cagnard , ou de la petite place des Clercs, appuyé sur le jeune officier attentif et complaisant, on eut dit le père et le fils, malgré la propreté minutieuse de l'un et l'accoutrement assez négligé de l'autre. Ma sœur, d'un esprit éclairé et excellent guide, eut beaucoup de peine à faire aller Napoléon aux Assemblées… Il lui montra beaucoup de déférence et une tendre affection, surtout après deux indispositions qu'il eut chez nous, et où, en allant tout maternellement le soigner, elle découvrit son linge en très mauvais état et le fit constamment réparer sans jamais lui en parler. Il comprit cette délicatesse et chaque fois qu'il la trouvait dans sa chambre occupée à ranger ses tiroirs, il lui disait avec reconnaissance : Mademoiselle, combien je vous dois ? " .
Les " Souvenirs d'un Valentinois sur Bonaparte " de Pierre-Augus-te Bou, au même titre que tous les autres témoignages oraux ou écrits émanant de Drômois (présentés de façon non exhaustive), doivent être passés au crible de la méthode critique. " Une affirmation n'a le droit de se produire qu'à la condition de pouvoir être vérifiée " . C'est ce principe fondamental, énoncé par le grand historien Marc Bloch, qui, in fine, doit permettre de concilier la parole du témoin et le travail de l'historien. Depuis le milieu du XIXe siècle, certains universitaires parisiens, parmi les plus grands spécialistes de l'histoire napoléo-nienne, et certains érudits locaux, ont tenté, avec plus ou moins de bonheur, d'établir une histoire scientifique des différents passages et séjours de Bonaparte à Valence et en Drôme.

Histoires d'historiens
À l'image du baron de Coston, l'école historique du XIXe siècle s'attache à recueillir les Mémoires, les témoignages et à les confronter aux archives, notes, correspondances… Le temps des témoins-réfé-rents sanc-tifiés, des anecdotes inlassablement reproduites et inter-pré-tées, laisse place à une investigation plus méthodique et à une analyse critique systématique. Une histoire à prétention scientifique se subs-titue ainsi à l'histoire napoléonienne romantique, animée par le souffle de la passion, symbolisée par le contraste entre Mme de Staël condam-nant Napoléon dans ses " Considérations sur la Révolution fran-çaise " et Stendhal défendant, pour partie , son héros.
Les travaux de Frédéric Masson, Guido Biagi, Arthur Chuquet et Théodore Iung, dans les années 1880-1890 , sont au cœur d'une nouvelle conception de l'érudition napoléonienne. Affiliés de près ou de loin à l'École méthodique, ces historiens reconstruisent le récit sur la jeunesse valentinoise de Bonaparte. Pour ce faire, ils se fondent sur l'amplification de la recherche et de la publication des documents historiques à laquelle ils participent activement. Ils s'appuient sur de rigoureux procédés de connaissances historiques. Ils ambitionnent d'épurer les documents et les témoignages de leurs subjectivités afin de retrouver la vérité des faits. Par une critique systématique, externe et interne des sources (analyser les caractères matériels des docu-ments, examiner leur cohérence, procéder à des rapprochements), ils cherchent à établir des faits probants, à les expliquer et à les relier. Animés par la quête de la vérité objective, ils s'attachent ainsi à débusquer légendes et falsifications pour fixer définitivement (du moins le pensent-ils) les détails de l'histoire de Bonaparte à Valen-ce et en Drôme. Cette ambition prend assise sur une méthode proba-toire censée mettre à jour l'exactitude et la sincérité des documents écrits et des témoignages rapportés ou recueillis : " Toutes les métho-des critiques visent à répondre à des questions simples. D'où vient le document ? Qui en est l'auteur, comment a-t-il été transmis et conser-vé ? L'auteur est-il sincère ? A-t-il des raisons, conscientes ou non, de déformer son témoignage ? Dit-il vrai ? Sa position lui permettait-elle de disposer de bonnes informations ?... " . Recoupant archives et témoignages, Masson, Chuquet et Iung confirment, par exemple, l'impli-cation de Bonaparte dans les grandes manifestations qui accom-pagnent le processus révolutionnaire à Valence en 1791 : participation à l'Assemblée des sociétés populaires (3 juillet 1791), serment public de fidélité à la Constitution (6 juillet 1791), serment solennel du champ de Mars " à la Nation et à la Loi " (14 juillet 1791). Les convergences globales et le consensus méthodologique n'em-pêchent cependant pas les divergences d'interprétation, les hypo-thèses contradictoires et les désaccords factuels. Iung soutient par exem-ple que, le 7 octobre 1786, Bonaparte est parti pour Douai rejoindre le régiment de la Fère, alors que, pour Masson et Chuquet, il a regagné sa Corse natale dès septembre. Masson se hasarde seul à envisager l'affiliation, en 1791, de Bonaparte à la loge maçonnique valentinoise La Sagesse …
Malgré leurs imperfections, les faits historiques mis à jour par ces historiens méthodiques, vont former l'assise des récits des compila-teurs et vulgarisateurs (dans un sens non péjoratif), et le fond des travaux des chercheurs qui agrègent " Bonaparte et Valence " dans la grande histoire napoléonienne. Il ne s'agit pas ici, bien entendu, de citer d'une manière exhaustive les innombrables ouvrages sur Napo-léon, mais de mettre en évidence quelques historiens qui éclairent l'histo-riographie napoléonienne, ses continuités épistémo-logiques et ses inflexions méthodologiques, à travers des études détaillées consa-crées à la jeunesse de Bonaparte. Le " Napoléon intime " d'Arthur Lévy, publié en 1893, qui accorde une place conséquente à ses séjours et passages à Valence et n'hésite pas à remettre explicitement en cause certaines interprétations émanant d'intellectuels patentés : " Pendant que M. Iung reproche à Napoléon de trop fréquenter l'élément civil, d'autre part, M. Taine lui reproche de se montrer envers ces mêmes civils, " dépaysé et hostile ". Ces assertions qui ne peuvent être exactes toutes deux, ne le sont, dans l'espèce, ni l'une ni l'autre ; la vérité, toujours simple, est que le lieutenant Bonaparte eut, avec le civil comme avec le militaire, les mêmes relations que ses camarades, ni plus ni moins. Napoléon fut, à Valence, ce qu'ont été, dans toutes les garnisons, le lieutenant de dix-sept ans, frais émoulu de l'école, apportant le désir de paraître l'homme que l'on est en réalité par le grade sans l'être encore par l'âge " . Malgré ces quelques réserves et l'affirmation du regard critique, la plupart des auteurs contemporains, tels Louis Madelin (1937) , Paul Bartel (1954) ou Jean Thiry (1975) qui ont mis en récits les années de jeunesse de Bonaparte, se reposent toujours sur des sources établies au tournant des XIXe et XXe siècles. Madelin, Bartel, puis Thiry, le reconnaissent à travers des références bibliographiques très proches et très classiques qui mettent en évidence l'édition des grandes correspondances, le " Mémorial de Sainte-Hélène ", les divers Mémoires des proches, mais surtout les ouvrages de Coston, Masson, Biagi, Chuquet, Iung. Ces derniers sont également très largement exploités par les " vulgarisateurs ", tel Jean de Metz qui, pour son récit illustré, utilise essentiellement Chuquet pour aborder Valence , tel l'académicien Louis Bertrand pour son livre destiné aux enfants , tel, plus récemment, Georges Roux , Alain Decaux ou André Castelot .
L'univers foisonnant des magazines et revues consacrés à Napo-léon est à plus d'un titre représentatif de l'évolution méthodologique et de la diversité historiographique qui, depuis le début du XXe siècle, font évoluer les approches sur Napoléon en général, sur sa jeunesse en particulier. Si, en 1912, la " Revue des études napoléoniennes " tergiverse entre la tentation hagiographique à connotation patriotique et un projet scientifique dans le sillage de l'école méthodique, la démarche savante et l'ambition de l'érudition qui animent aujourd'hui la " Revue de l'Institut Napoléon " et " Napoleonica ", la revue en ligne de la Fondation Napoléon , proposent d'intéressantes pistes de recherche sur l'histoire de Bonaparte à Valence et en Drôme. Parallèlement à ces revues de références, des magasines de vulgarisation, comme la " Revue Napoléon " ou " Napoléon 1er, le magazine du Consulat et de l'Empire ", tous deux créés en 2000, se chargent de diffuser les résultats de recherches innovantes et de rendre accessibles des savoirs longtemps confinés. L'historienne Emmanuelle Papot (collaboratrice de la Fondation Napoléon) a, par exemple, publié, en mai - juin 2004, dans " Napoléon 1er ", une remarquable synthèse sur " Bonaparte et Valence, le temps des apprentissages " . Son récit, très clair et problématisé, se fonde sur les ouvrages de l'école méthodique de la fin du XIXe (Masson, Chuquet et Iung sont très largement cités) confrontés aux livres plus récents de Madelin, de David Chanteran-ne et surtout aux travaux de Jean Tulard.
Les recherches des historiens méthodiques constituent donc toujours l'épine dorsale pour retracer l'histoire de " Bonaparte et Valence ", et leurs récits deviennent eux-mêmes sources historiques, notamment pour les compilateurs et vulgarisateurs. Mais ces historiens-référents subissent à leur tour une certaine " remise en cause " critique engagée par l'évolution historiographique. Pour trouver un véritable renouvellement sur le sujet, il faut regarder du côté des universitaires. Georges Pariset réalise, dans les années 1920, une première et innovante synthèse historique . André Malraux, en 1930, assume la dimension littéraire et légendaire de son écrit . Jean Tulard s'attache à épurer la jeunesse de Bonaparte des légendes qui l'ont déformées, " problématise " son travail et participe à l'œuvre collective des " lieux de mémoire " . Plus récemment encore, Natalie Petiteau tente d'analyser les influences réciproques entre la mythologie et l'historiographie napoléonienne . Le rapport entre histoire et mémoire est désormais au centre de nombreux travaux d'historiens qui mettent en évidence les différences d'interprétations et le jeu entre les discours légendaires et les faits historiques. Enfin, parmi tant d'autres, il convient de prêter attention aux travaux de Thierry Lentz, directeur de la Fondation Napoléon, enseignant à l'université Paris IV, administrateur de l'Institut Napoléon. Thierry Lentz, outre ses nombreuses publications , a assumé la tâche de secrétaire général du comité pour une édition renouvelée de la correspondance de Napoléon (initié par la Fondation Napoléon). Il a ainsi dirigé les trois premiers volumes de cette œuvre essentielle pour l'histoire de " Bonaparte et Valence ", avec la publication de nombreuses lettres inédites écrites dans la région entre 1784 et 1802 .
Le savoir sur la jeunesse de Bonaparte continue donc d'évoluer, de s'affine et de progresser. De nouvelles problématiques se dégagent mettant notamment en exergue les enjeux de mémoires et les interactions entre l'histoire et la légende. Dans cette optique, les érudits et historiens locaux, Valentinois et Drômois, doivent être envisagés comme des sources importantes pour la connaissance historique auxquels ils ont très largement contribué par leurs recherches. Certains d'entre eux doivent aussi être considérés comme des " passeurs de mémoires ", des bâtisseurs d'une histoire légendaire à vocation identitaire.

" Bonaparte et Valence " chez les érudits
et historiens " valentinois "
Portés par la vague patrimoniale qui émerge dans la seconde moitié du XIXe et s'épanouit au XXe siècle , l'histoire locale cultive la fibre émotionnelle que procurent l'appartenance au lieu et l'amour " du pays ". L'érudit " valentinois ", dans la lignée du baron de Coston, présente souvent son " Bonaparte et Valence " comme une enquête de terrain qui s'appuie sur la connaissance intime de son milieu de vie. En 1895, Marius Léty imagine et reconstitue l'atmosphère romantique et poétique du jeune homme à la fenêtre de son logement dans la Grand'Rue : " D'abord logé par billet chez Mlle Bou qui tenait un café, Bonaparte ne tarda pas à s'entendre avec cette personne qui lui loua une chambre meublée au deuxième étage de l'immeuble, dont les croisées s'ouvraient sur la Grand'Rue, presqu'en face de la Maison des Têtes, remarquable par sa façade couverte de sculptures et de statues dans le style énorme et grimaçant du Moyen-Age, dont on voit encore des vestiges, mais qui vont s'effritant sous l'aile du Temps. Tandis qu'accoudé à sa croisée, le jeune lieutenant considérait ces ruines d'un autre âge, se doutait-il qu'un jour viendrait où le modeste logis qu'il occupait serait, de la part des étrangers, un objet de respectueuse curiosité ? " . Dans un autre registre, Jean Pieri, en 1966, présuppose un Bonaparte saisi par le cadre naturel et sensible aux paysages drômardéchois : " Il alla sur la rive droite du Rhône, en Ardèche, dans la plaine de Guilherand, à Saint-Péray et gravit jusqu'à son sommet le château de Crussol. Ce château, sur les hauteurs de la rive droite du Rhône, domine le fleuve ; il en reste actuellement des ruines sur une grande surface occupant tout le sommet de la colline et que l'on voit de loin. Il alla à Saint-Georges qui est une station thermale modeste dans l'Ardèche, pas loin de Valence. Il restait sensible aux sites de l'Ardèche qui lui rappelait beaucoup la Corse, car les deux provinces ont bien des traits de ressemblance… Il n'est pas jusqu'aux sites naturels de la région qui n'aient influencé son caractère, ses rêveries " . Ce type d'approche qui exploite la connaissance de l'environnement proche et instrumentalise la " couleur locale ", joue également sur le sentiment d'appartenance conféré par l'esprit des lieux et la sensation de l'intime. L'auteur s'adresse directement au lecteur, en appelle à ses affects particularistes qui entrent en résonance avec son vécu et son identité. L'éditorial du " spécial Bonaparte " des "Petites Annales de Valence ", paru en juin 1969, recourt ouvertement à ce procédé teinté d'empathie et susceptible de susciter une impression de relation personnelle entre l'auteur, l'objet d'étude et le lecteur : " Napoléon est un peu valentinois. Il a habité parmi nous et le nom de notre ville a eu pour son cœur une résonnance particulière, cette douceur qui nous vient des souvenirs de notre jeunesse. Ce jeune garçon, éloigné de sa terre natale et de sa famille, a trouvé parmi nous, des personnes généreuses, sensibles à sa solitude et à sa pauvreté. Cette science, si importante jadis, qui était celle des usages de la bonne société, l'art d'entrer dans un salon, de saluer un rond de dames, d'écouter et d'enchaîner avec esprit une conversation, la désinvolture fin de siècle, c'est ici que le jeune Bonaparte a commencé à les découvrir " . Cette dimension affective du récit, cette illusion de l'authenticité, se retrouvent, avec plus ou moins de vigueur, chez de nombreux érudits locaux, à l'instar de A.M. Franck, conseiller de préfecture de la Drôme à la fin du XIXe siècle, qui présente " Valence en 1785 et le lieutenant Bonaparte ", liant intimement la ville et la destinée de son héros, sur un ton à la fois sensible et lyrique non dénué d'intérêt historique .
Cette posture qui sollicite à la fois l'émotion et l'identification, se retrouve chez la plupart des journalistes et chroniqueurs historiques, depuis le " Courrier de la Drôme et de l'Ardèche " des années 1840 jusqu'au " Dauphiné Libéré " d'aujourd'hui. Sous la plume journalistique d'André Blanc, puis de Pierre Vallier et de Jean-Hervé Champaurie, c'est la mémoire locale et un passé sensible qui sont régulièrement mis en scène avec le souci de forger une conscience identitaire. Cette optique substantielle à la presse régionale s'appuie sur l'immense mouvement commémoratif qui a saisi notre société et sur la vague patrimoniale contingente. L'histoire devient " une prati-que sociale et culturelle " . En réponse à la demande contemporaine et aux attentes publiques, c'est une histoire mémorielle et identitaire qui émerge, une histoire qui véhicule des émotions et qui divertit.

Dans cette perspective et en lien avec les écrivains romantiques, qui à l'instar de Balzac, de Victor Hugo, de Musset, de Vigny sont fascinés par la figure de Napoléon et l'épopée impériale, la littérature locale s'empare de la mémoire et de l'histoire de Bonaparte. Des romans, des feuilletons, des fictions historiques exaltent ses aventures réelles ou imaginaires. Ces reconstitutions romanesques restituent des anecdotes, en dégagent une poétique et en extrapolent le sens, fournissant à la légende son assise littéraire. En 1938, par exemple, Pérignat propose une étude hagiographique sur " Le lieutenant Bonaparte à Valence ", " fleurie d'un brin de fantaisie roma-nes-que " . Ce roman historique participe à la " légende dorée " ren-voyant l'image d'un surhomme prédestiné qui mûrit lentement durant ces deux séjours dans la Drôme. L'ouvrage de Pérignat combine des faits avérés et des hypothèses fantaisistes. Exploitant l'allusion de l'Empereur au cerisier des Basseaux, l'auteur présuppose une idylle entre Bonaparte et Caroline du Colombier : " Bonaparte vint donc à Basseaux, et y revint souvent. Il y alla pour les cerisiers en fleurs. Il continua d'y venir au temps des cerises écarlates, et surtout parce qu'il y avait Caroline… On voit ça de là. Le joli prétexte " ; " De toutes les anecdotes citées sur Bonaparte lors de son séjour à Valence, il faut écarter les menus incidents pour ne nous arrêter qu'à son idylle avec Caroline. Elle fait pâlir tout autre souvenir. Pour la dernière fois, le petit lieutenant va quitter Valence. Nous allons le regarder s'éloigner, en pressentant qu'un lien mystérieux et fort va l'enchaîner à notre cité pour toujours. Ce lien, c'est le souvenir de l'amie, l'inoubliable souvenir du premier amour deviné. ".
Dans la même lignée, en 1975, René Fonvieille, président de la cour d'appel de Grenoble et historien local, compose un récit historique très largement romancé et enjolivé mettant en scène " Les premiers baisers de Napoléon Bonaparte " avec Caroline du Colombier : " Les deux jeunes gens employaient aussi agréablement que possible les journées à la campagne. Tout en se faisant les yeux doux et en se racontant fleurette… Mais les amoureux les plus sages ont une façon singulière de manger les cerises, lèvres contre lè-vres " . Enfin dernier exemple, d'un genre différent, le récit histo-rique sur " Mathieu Bouvier - enfant d'Etoile et grenadier de la Garde ", raconté par Michel Garcin à partir d'archives familiales, communales, départementales et de divers documents imprimés. L'auteur, dans son projet de reconstitution historique, imagine un jeune Etoilien qui, par hasard, rencontre Bonaparte et Caroline de Colombier aux cerisiers des Basseaux : " Il n'y avait… à quelques pas de moi, que Caroline du Colombier qu'accompagnait un jeune homme en habit militaire, efflanqué et de petite taille, avec des cheveux noirs et raides, des yeux sombres au regard perçant et un visage maigre et olivâtre… il cueillit un joli " floquet de fruits rouge sang, qu'il offrit ensuite à Mlle du Colombier… " . Cette littérature, très diverse, point de rencontre de la légende et de l'histoire, témoigne finalement que les séjours de Bonaparte à Valence et en Drôme, relèvent bien de la tradition locale. Les témoins directs ont disparu, la mémoire collective s'émancipe de l'expérience sensible et du souvenir. Elle pénètre le champ de la mémoire acquise, transmise, racontée, le champ de la mémoire héritée et à préserver : la voie vers la patrimonialisation est ouverte.
La relation émotionnelle souvent recherchée par l'histoire identitaire et mémorielle de l'érudit " valentinois " et " l'expérience imaginaire " à tonalité littéraire et romanesque, ne doivent cependant pas masquer l'importante contribution apportée par la recherche historique locale. Le savoir sur " Bonaparte et Valence " évolue et s'enrichit, depuis la biographie du baron de Coston en 1840, celles de Marius Léty et de A.-M Franck à la fin des années 1890, jusqu'à " l'Histoire de Valence " de Jeanne Flandreysy et Etienne Mellier (1910), jusqu'aux " 240 000 Drômois ", un remarquable ouvrage collectif publié à l'occasion du bicentenaire de la Révolution et dirigé par Roger Pierre qui permet de replacer Bonaparte dans le contexte socio-économique, politique et militaire local, et qui donne sens au processus révolutionnaire dans la Drôme . Cette œuvre qui cherche à dépasser la conception purement événementielle et contingente des faits historiques au profit d'une historique totale, problématisée et pluridisciplinaire, n'accorde qu'une place marginale aux individus. Bonaparte paraît donc logiquement délaissé, mais ce renoncement biographique laisse place à une possible mise en perspective matérielle et culturelle. C'est " un autre " Bonaparte, plus humain et soumis aux pesanteurs locales, qui peut alors émerger de l'interaction comparative entre les biographies et la prise en compte dans sa globalité du contexte drômois à la fin du XVIIIe et au début du XXe. Sans pour autant abandonner les témoignages, sans négliger les travaux des historiens méthodiques (qui restent convoqués pour tous les articles et ouvrages contemporains), certains cher-cheurs " va-lentinois " depuis les années 1960, s'affairent à renouveler l'histoire de " Bonaparte et Valence " par de nouvelles approches et de nouveaux objets d'études. Beaucoup renoncent à un récit global pour s'adonner à des thématiques plus restreintes : tel l'article des " Petites Annales de Valence " sur la couleur de la culotte du jeune sous-lieutenant au Régiment de la Fère , tel le travail de Messié sur les " premiers coups de canon de Bonaparte " mis à la tête des canonniers la Garde Nationale Drômoise par le général Carteaux en juillet 1793 . Dans la perspective d'une histoire des mentalités, André Blanc, avec son " Bonaparte inconnu ", ébauche quelques pistes permettant de saisir l'état d'esprit et la personnalité du lieutenant de 1791. Il propose ainsi d'analyser les écrits du jeune officier en partant du contexte " philosophico-littéraire " et des évènements que Valence a vécus à cette époque . Dans un genre très différent, Germaine Montagnon-Peyron, à partir des archives, s'est attaché à étudier de façon circons-tanciée " La vie militaire à Valence au temps de Buonaparte " .
Le rôle joué par l'histoire locale et sa vitalité depuis le XIXe siècle, avec les quelques exemples évoqués, incitent à la considérer contre une source essentielle et innovante pour l'histoire de Bonaparte et Valence. Conjuguant l'érudition scientifique avec la connaissance intime du milieu de vie, elle permet d'accéder à une " histoire sensible et vivante " , une histoire qui instruit et qui divertit, mais qui interroge aussi la mémoire et l'identité.
Une étude synthétique exige donc de prendre en compte les travaux des historiens locaux, ceux des universitaires, méthodiques et contemporains, de les confronter et de croiser leurs récits avec les écrits et propos rapportés de Napoléon Bonaparte, avec les Mémoires de son entourage et les témoignages de ceux qui prétendent l'avoir côtoyé à Valence. La méthode critique et la démarche comparative ainsi appliquées, il s'agit finalement d'interroger ces sources plurielles, de donner sens aux différentes interprétations, et de comprendre les interactions entre l'histoire et la mémoire, entre les faits historiques, l'imaginaire et les légendes qui entourent les dix-huit passages de Bonaparte à Valence et en Drôme. Notre histoire s'ébauche donc avec la fugace traversée de 1778 et débute réellement avec le premier séjour en 1785-1786.



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