La Bouquinerie

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Signature de Jean Chièze

Zoom sur
Jean Chièze, graveur sur bois
1898-1975.
Association Vivante Ardèche, Château de Vogüé.

16,5 x 25 cm. 2 chemises dans un emboîtage cartonné. 42 feuillets, 19 gravures sur bois tirées sur papier vergé, 1 gouache couleur. 75 FF. Pour découvrir l'œuvre originale d'un graveur sur bois. Biographie, bibliographie sommaire, témoignages autour d'un homme qui laisse une quantité impressionnante d'ouvrages illustrés. Sa particularité était de savoir mélanger les époques, marier les styles, développer un esthétisme personne.


Poisson roi
Poisson roi (les romans de la table ronde,
Union Latine d'Éditions, 1960. Gravure sur bois de bout).

Déclaration de Jean Chièze en 1952

Le songe d'une nuit d'été (gravure sur bois de fil)

Introduction

Etiquette de vin, Saint-Émilion (gravure sur bois de fil)

Extrait de "Jean Chièze en son château"

L'illustre servante (gravure sur bois de bout)

La gravure sur bois

Lancelot du Lac, frontispice (gravure sur bois de bout)

Le bois de fil

Perceval (détail, gravure sur bois de bout)

Le bois de bout


Déclaration de Jean Chièze en 1952

J'estime que si une technique est pure, austère, sans faiblesse, autoritaire, mais sans petites lâchetés techniques, c'est bien celle du bois. De plus, elle nous rattache à la tradition, au passé ; et une langue forte ne peut puiser sa force qu'en de vieilles racines.

Il est bon de soutenir une technique qui a fait ses preuves de clarté et d'humanisme réel et de franchise. Voilà pourquoi je reste un des quatre ou cinq xylographes de France. Mon métier est de graver et de créer dans le silence.


Le songe d'une nuit d'été d'après Shakespeare

Le songe d'une nuit d'été
Couverture du programme, Théâtre du Pigeonnier, 1933.
Gravure sur bois de fil.


Extrait de l'introduction de J.-M. Granier

Le château de Vogüé, bâti entre le XIIIe et le XVIIe siècle, appartient toujours à la branche aînée de la famille du même nom. Le site exceptionnel où il est implanté, en bordure de rivière et dominant le village inséré dans les falaises calcaires, en fait un lieu de passage et de viste primordial de l'Ardèche méridionale.

Depuis 1971, une location symbolique en a laissé la charge à l'Association Vivante Ardèche qui en assure l'entretien et la pérennité, et l'anime par des expositions et des manifestations culturelles.

L'Association a eu la chance, grâce aux liens qu'entretenait son fondateur, l'abbé Jean Charay, avec le graveur Jean Chièze, de bénéficier d'éléments importants de l'œuvre de ce dernier (bois gravés, tirages, gouaches, outils de travail, etc.).

Riche de ce matériau, Vivante Ardèche a été désireuse de faire découvrir aux visiteurs l'art de la gravure, tant traditionnelle que contemporaine.

Dans cet esprit, un volet des travaux de Jean Chièze est exposé chaque année dans le château.

[...]

"Mon métier est de graver et de créer dans le silence."

"Je suis un imagier comme le furent les graveurs de cartes à jouer et d'estampes religieuses, un artisan." Jean Chièze


Etiquette de vin, St-Émilion

Etiquette de Saint-Emilion
Gravure sur bois de fil.


Extrait de "Chièze en son château", J.-C. Villain

[...] Assis à une table de fortune (on a apprêté quelques tréteaux, disposés une grande planche), je passe là, dans l'éclairage discret d'une lamp, quelques heures quiètes à contempler l'œuvre de Jean Chièze. Le placard d'angle aux lourdes portes de bois est ouvert pour ma visite. On a déjà sorti de grands porte-folios, quelques chemises plus modestes et de très beaux livres. A l'aventure, "sans ordre et sans dessein" aurait dit Montaigne dont j'imite un moment la solitude châtelaine et lettrée, j'investis, de plus en plus fasciné, l'art de ce graveur prodigieusement profus.

[...] Sous mes doigts tournent les pages, s'étalent les gravures. Je retourne. Je compare. Me retiennent d'abord l'abondance et la variété de cette immense œuvre. J'y rassemble tout aussi bien des paysages et des pays (le Vivarais, le Forez, le Lubéron, la Bretagne, la Corse), un bestiaire (avec les Fables de la Fontaine par exemple), des fragments de chroniques historiques (par les illustrations magnifiques des Romans de la Table Ronde, de Tristan et Iseut, ou bien encore celles des textes antiques d'Hippocrate et de Gallien).

Peu à peu, comme s'alignent devant moi de grands livres tirés de leur emboîtage, m'apparaît de plus en plus la richesse de la contribution de Jean Chièze à la tradition de la gravure et de l'édition bibliophilique françaises. Si mon œil s'attarde aux détails techniques, à admirer la maîtrise du "métier", je préfère insister sur le "tempérament" de l'artiste tel qu'à vagabonder dans son travail, il m'est de plus en plus apparu, comme peu à peu on fait la découverte d'un inconnu devenant familier...


L'illustre servante, de Cervantès

L'illustre servante
Éditions du Pigeonnier, 1945.
Gravure sur bois de bout.


La gravure sur bois

La gravure sur bois est reconnue comme la plus ancienne technique de gravure pratiquée en Europe. Elle est attestée, sur support de papier, avant même l'invention de l'imprimerie vers 1455.

On imprime alors au moyen d'un bois lisse : le frotton. On l'emploie pour lisser la feuille humectée posée sur le bois gravé, jusqu'à ce qu'elle présenté l'image de la gravure.

Après l'invention de l'imprimerie, la presse remplace cette opération longue et souvent aléatoire quant à la qualité du résultat.

Mais l'impression n'est que la dernière étape du travail et tout commence dans l'atelier.

Le graveur travaille son modèle sur papier, éventuellement d'après une œuvre existante qu'il transpose. Deux possibilités se présentent pour le choix du support, chacune imposant une technique et des outils particuliers : le bois de fil et le bois de bout.


Lancelot du Lac, frontispice

Les amours de Lancelot du Lac
Les romans de la table ronde, Unions Latines d'Éditions, 1960.
Gravure sur bois de bout.


Le bois de fil

On appelle bois de fil le bois débité dans le sens longitudinal du tronc, laissant apparaître le fil, ou sens, du bois, qu'il faut prendre en compte lors de la taille. On recherche plutôt le poirier, le noyer ou le tilleul aux fibres serrées qui ne fendent pas en séchant.

Après avoir rapporté le dessin, on le détoure au canif et à la gouge de sorte que le motif mis en relief porte l'encre. Ainsi est épargné le sujet, d'où l'expression "taille d'épargne".

Jusqu'au XVIIIe siècle cette technique prévaut partout en Europe. On en use dans l'imagerie populaire, les cartes à jouer, les calendriers, etc., parfois colorés à la main après impression. Les graveurs sont associés à la corporation des artisans menuisiers.

A partir de la deuxième moitiè du XVe siècle, l'invention de l'imprimerie associe plus étroitement encore la gravure sur bois au livre, en renforçant son caractère d'illustration des textes religieux ou profanes. L'image, complément du texte, tend à en proposer une interprétation, lui apporte un sens supplémentaire.

Au cours du XVIIe siècle, la pratique de la gravure sur bois décline, remplacée de plus en plus par la taille douce (sur support de cuivre). Il ne s'agit plus de mettre en relief le dessin, mais de le rendre en creux. L'opération présente moins de difficultés et permet une plus grande précision du rendu des motifs.


Perceval (détail)

Perceval face à un échiquier
Les romans de la table ronde, Unions Latines d'Éditions, 1960.
Gravure sur bois de bout.


Le bois de bout

Le XVIIIe siècle met au point la gravure sur bois de bout. On utilise pour cette technique des essences très dures comme le buis, débité en rondelles perpendiculaires à l'axe du tronc et séchées longuement. Le cœur du bois, la partie la plus dure, est seule conservée et taillée en cubes qui seront assemblés les uns aux autres de manière à former une plaque, poncée et polie.

L'ensemble approche la régularité et la dureté du métal, difficile à travailler mais que l'on taille dans tous les sens, sans souci du fil du bois. Ce nouveau procédé technique permet d'améliorer la précision des formes et la finesse de l'ensemble. La gravure sur bois est alors en mesure de rivaliser avec la taille douce et illustre volontiers les ouvrages littéraires des romantiques.

Cette faculté d'adaptation d'une technique séculaire a tenté les artistes de la fin du XIXe siècle et du XXe qui lui ménagent une place, aux côtés des techniques artistiques "nobles". La gravure sur bois dépasse le domaine de l'illustration pour devenir l'objet de compositions autonomes, au même titre que la peinture, et bénéficie d'une semblable réflexion esthétique.

Après la deuxième guerre mondiale, les plus grands artistes délaissent cette forme d'expression qui devient l'apanage de spécialistes graveurs.

Dans les années 50 l'engouement pour les ouvrages d'édition, illustrés par des artistes contemporains, en séries limitées, amène la création de cercles et de clubs bibliophiles associés à des maisons d'éditions spécialisées. La gravure sur bois y tient une place privilégiée. On apprécie l'économie de ses moyens, et sa sobriété, qui en font un bon accompagnement des textes d'auteurs anciens et modernes ou de poésie contemporaine.

Les maisons d'édition font ici office de galeries où se rencontrent artistes et amateurs. L'Union Latine d'Éditions, par exemple, organise régulièrement à Paris des expositions de gravures originales à l'occasion de la plublication de tel ou tel ouvrage. C'est le moyen d'attirer l'attention sur les illustrateurs, de créer l'événement, d'entretenir le prestige de chacun. Éditeurs, amateurs et artistes trouvent là un lieu de rencontre où se nouent parfois des liens d'amitié et de travail sous la forme de mécénat.


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Dernière mise-à-jour : 2014. Last update : 2014.