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EN ARDÈCHE AUTREFOIS

Une paroisse du Haut-Plateau au XVe siècle & siècles suivants ISSARLÈS

de Jean-Marc Gardès

Cette étude de la paroisse d’Issarlès, d’après les Estimes de 1464, est précédée d’une présentation et d’une traduction de la charte des pêcheries du lac d’Issarlès en 1209. Elle contient aussi les réponses du curé Riffard, en 1762, au questionnaire de Dom Bourotte, continuateur de l’Histoire de Languedoc, et est accompagnée de documents des XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles (couvrant la période révolutionnaire), ainsi que de notes
explicatives de l’auteur.
Cet intéressant travail a le mérite de nous rendre accessible un document fiscal (l’Estime) difficilement consultable, mais essentiel pour la connaissance des paroisses vivaroises à la fin de la guerre de Cent ans, puisque les commissaires enquêteurs y ont tout mentionné, des biens immeubles -bâti et non bâti- avec le plus souvent des précisions sur la nature des matériaux de couverture, jusqu’au cheptel et au montant de l’imposition.
Le décryptement est exemplaire, et les biens des 71 familles habitant les 27 terroirs de la paroisse en 1464 sont minutieusement répertoriés, analysés et regroupés en tableaux clairs et bien présentés. (Michel Carlat, 1984).
Les autres documents, qui font suite à l’Estime, montrent une occupation des mêmes terroirs par les mêmes familles pendant des siècles. Ils fournissent, par là, la matière à une étude de la micro toponymie de la paroisse, comme à une étude de son économie. Ces textes pourront aussi intéresser les généalogistes et les nombreux descendants de ces
hautes terres…

Jean-Marc Gardès est un auteur ardéchois de renom. Il nous livre aujourd’hui la fleur de ses recherches avec cette étude passionnante à partir des fameuses «Estimes» de l’Ardèche, cette enquête fiscale de 1464, unique en France, qui lui permet de restituer la vie de nos ancêtres et de notre petit pays.

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En 1464, le Roi louis XI, en accord avec les États du Languedoc, ordonne une grande enquête fiscale – plus communément appelée Estimes de 1464 – visant à actualiser l’assiette de l’impôt royal : la Taille, principal impôt foncier de l’époque. A l’intérieur du diocèse de Viviers, les habitants redevables de l’impôt de chaque paroisse déposent sous serment devant une commission locale la déclaration de l’ensemble de leurs biens immobiliers, mobiliers et cheptel ainsi que les charges – ici le cens – que chacun doit payer sous forme de redevances seigneuriales. Le plus ancien recensement que sont les Estimes de l’année 1464, malgré leurs lacunes en matière de démographie permet de nous livrer avec grand intérêt les noms de famille parfois familiers, soit environ 1300 patronymes pour la zone cévenole. Nous découvrons à travers la société rurale des paysans, des ecclésiastiques et des nobles exerçant une quantité de petits métiers.L’auteur nous invite à un formidable voyage à travers les contrées cévenoles du pays vivarois et ce au rythme des scribes rédigeant les registres abrégé et sommaire permettant le calcul de l’impôt.

EXTRAIT


I. Préliminaires
Pierre Ytier, Seigneur de Géorand, « voulant augmenter l’éclat de la maison de
Mazan », vend à celle-ci et à son abbé plusieurs mas et terres, situés près des
sources de la Loire. Voilà comment un des traducteurs de la charte, Jean Régné,
présentait l’acte de 1209 dans la version abrégée qu’il a donnée à la Revue du
Vivarais en 1921.
1. Un peu d’histoire…
L’abbaye cistercienne de Mazan a été cofondée au début du XIIe siècle par l’évêque
de Viviers, Léodegaire, et le plus puissant seigneur de la contrée : Pierre Ytier de
Géorand. Le premier fit venir douze moines de Bonnevaux, en Dauphiné, et le
second, qui, très certainement connaissait « l’heureuse influence » des moines
cisterciens au sein des campagnes, acquit, pour les installer, un domaine situé à
1 200 mètres d’altitude entre les sources de la Loire et de l’Ardèche et appelé… Mas
d’Adam. Cependant, le seigneur n’accepta de donner ce territoire aux nouveaux
arrivants, conduits par Amédée d’Hauterives un proche parent de l’empereur d’Allemagne,
qu’à la condition que ce soit son fils, également Pierre Ytier, qui gouverne
le futur monastère en qualité d’abbé… Léodegaire et d’Hauterives protestèrent
contre de telles prétentions mais l’abbaye ne pouvait exister sans terres… Étienne
Harding intervint pour rapprocher les parties et aider à trouver un compromis.
Finalement, le seigneur donna le domaine à son fils (sous couvert de l’évêché) et
ce dernier ne pût être moins qu’abbé de la future abbaye… La règle de charité,
qui veut que chaque abbaye mère conserve sous sa direction les abbayes sorties de
son sein, venait d’être contournée par Pierre Ytier qui, avant l’heure, avait installé
à la tête du couvent le premier abbé commendataire, en la personne de son fils…
Aux terres du Mas d’Adam, Pierre Ytier ajoutera les vastes étendues de forêts et
de pâturages de la vallée des Itiers (aujourd’hui vallée de Mazan) et de la vallée de
Vauclare, plus un jardin situé à Montpezat « pour procurer certains légumes dont
la culture n’était pas possible à Mazan en raison de l’âpreté de son climat ». Plus…
Les dons de terre à l’abbaye continuent. Tous les grands seigneurs fonciers de la
région cévenole, jusqu’au XIVe siècle, vont tenir à figurer parmi ses bienfaiteurs.
Ce qui les pousse à agir ainsi ? Le désir de connaître le moine et néanmoins proche
parent de l’empereur d’Allemagne, Amédée d’Hauterives ; le désir de figurer parmi
ses intentions de prière ; de laisser le souvenir de leur nom… Toutes motivations
qui ont dû jouer et d’autres encore, sans doute moins idéalistes… Toujours est-il
que ces acquisitions, cette « dot magnifique » pour reprendre le mot de Jean Régné,
vont contribuer pour une large part au décollage économique de l’abbaye puisque,
dans le siècle même de sa naissance, elle va essaimer et fonder quatre filles du Var à
15
l’Aveyron, et du Vaucluse1 à la Corrèze… Un siècle plus tard, nous retrouvons les
descendants des fondateurs dans les mêmes rôles. Pétri Ytéri (ou Pierre II) est
6ème abbé de la maison de Mazan. Et le bienfaiteur de l’abbaye, qui veut augmenter
son éclat avant que d’aller se croiser, s’appelle toujours Pierre Itier de
Géorand…2. C’est l’époque où le temps semble immobile… Les gens portent
les mêmes noms et prénoms par delà les siècles (pour le plus grand tracas des
généalogistes) ; passent entre eux des baux emphytéotiques (de durée pouvant
aller jusqu’à 99 ans) ; jurent irrévocablement et à perpétuité pour eux-mêmes
et leurs descendants…
2. Intérêt et actualité de la charte de 1209
Cette charte est un des premiers écrits dans lequel apparaît le mot « Pagensibus
», rendu en français dans le texte par « colon ». Le traducteur aurait aussi
bien pu écrire « padgel » puisque ce terme générique, qui sert dans tout le bas Vivarais
à désigner les gens de la montagne, vient précisément de « pagensis ».
Littéralement : « habitant du pays » (du latin pagus).
Lors de la réalisation de l’aménagement hydro-électrique « Issarlès-Montpezat
» en 1953, E.D.F. a été amenée à percer le lac d’Issarlès pour le mettre en
communication avec la rivière voisine du Gage. De ce fait, les eaux du lac ont
perdu leur statut d’« eaux closes ». L’arrêté préfectoral du 5 juin 1953 a classé
le lac d’Issarlès parmi les cours d’eau de première catégorie et l’a soumis au
régime de la pêche fluviale. Le droit de pêche qui s’y applique depuis lors est
celui du régime général avec, entre autres astreintes, ouverture et fermeture
des périodes de pêche réglementées. Les habitants du Lac ont perdu, à ce moment
là, le droit libre de pêche qu’ils prétendaient détenir depuis la « charte de
Mazan3 ». En effet, dans ladite charte, Pierre Itier concédant aux religieux de
1. Le Thoronet et Silvanés en 1136, Sénanque en 1148 et Bonneval en 1161. Jean Casalet, abbé du
monastère de Sénanque, viendra fonder en 1486 sur la commune d’Usclades, une chapelle vouée à saint
Sébastien.
2. Sur les Itiers de Géorand, le lecteur intéressé se reportera utilement à l’article de Régis Sahuc « Enluminure
des Géorand, Seigneurs des Montagnes », paru dans la Revue du Vivarais (N°2, 1984, pp. 87-116)
et à l’ouvrage de Boudon-Lashermes : « Vigueries carolingiennes : Vigueries de Pradelles et des Issartaux »
(pp. 44-45).
3. La « charte de concession (du droit de pêche) de Mazan » octroyée par le seigneur Ytier du Cros-de-Géorand.
Lorsqu’au début du XXe siècle la Société d’Énergie Électrique « Loire et Centre », alors propriétaire
des eaux du lac voulu déposséder la commune de ce droit ancestral, le différend fut porté devant le tribunal
de Largentière qui décida alors que le droit de pêche était en principe fondé, mais que ses modalités n’étant
pas établies, celles-ci devaient être prouvées par enquête. Une transaction intervint aux termes de laquelle le
lac fut partagé en deux parties égales, par une ligne Nord-Sud, dont l’une, située à l’ouest, fut attribuée à la
commune, et l’autre, située à l’est, fut attribuée à la Société « Loire et Centre ».
La question de la propriété de la pêche se posa après l’abolition de la féodalité.
Celle-ci fut résolue dans un avis rendu par le Conseil d’État en l’an 13. Le Conseil décida que le droit de
pêche, dans les rivières non navigables ni flottables, n’appartenait pas aux communes, mais aux proprié16
Mazan le droit de pêche dans le lac leur indique bien : « excepté dans deux endroits,
dont l’un appartient pour le droit de pêche aux religieux de Bonnefoy,
l’autre aux paysans dudit lieu ».
On remarquera, au passage, que la famille Itier ne met pas tous ses oeufs dans le
même panier. En 1221, elle concèdera encore aux chartreux de Bonnefoy tous
ses droits de pêche sur la Terrisse et le Ligeret et deux jets dans le lac d’Issarlès,
à savoir : le jet de la Crose et le jet de la Sablouze.
Auquel elle ajoutera, en 1251, le droit qu’elle avait déjà sur le jet du Pal de
la Cabote, aussi appelé la Coste). Comme pour les Padgels du XXe siècle, et
à l’inverse des chartreux qui étaient végétariens, les cisterciens de Mazan ne
rechignent pas sur la pitance. D’où les nombreuses références, dans le texte,
à la pêche et au droit de pêche. Tant au filet, dans le lac, qu’au panier dans la
Loire voisine…
Allaient-ils jusqu’à pêcher par les fenêtres de leur monastère dans la rivière
qui le « couronne » ? il serait presque permis de le penser si l’on en croit une
description du couvent datant de 1573 et rapportée par le chanoine Therme :
« Advant que de parler du couvent
Parlons d’une noble rivière
Qu’on appelle Tiers du dorant
Dès que la saison printanière
Vient ; vous n’y verriés que poissons
Que truites barbeaux et saulmons
Ceste rivière la couronne
Tellement que l’on peut pescher
Des fenêtres qu’elle environne
Sans que rien en puisse empêcher. »
taires riverains. D’où la loi de 1829 qui dit que le droit de pêche appartient aux riverains, chacun de leur
côté, jusqu’au fil de l’eau, c’est-à-dire jusqu’à la ligne imaginaire médiane de la rivière.
C’est ce droit de pêche que la Société « Loire et Centre » opposa à la commune d’Issarlès, aussi longtemps
qu’elle fut propriétaire -de toutes les rives- de ces eaux « ni navigables, ni flottables ».
Toutefois le Code Civil fit exception à l’interdiction du droit d’usage (des eaux des lacs et étangs) qui réservait
celui-ci aux seuls propriétaires des lacs et étangs (y compris pour de simples usages domestiques, comme
lavage, abreuvage, puisage) pour en faire profiter les riverains.
Ceux-ci purent donc continuer à exercer leurs droits, ancestraux, d’abreuvage, de lavage et de puisage,
au moyen de plusieurs enclaves d’accès, marquées (au début du XXe siècle) par des chaînes de pierre très
apparentes.
(D’après H. Adelbert, « Usages locaux », Largentière 1936).
17
(Un acte, également passé entre Pierre Ytier et le seigneur abbé, partagera le
droit de chasse du gibier qui alors peuplait les forêts de la haute Ardèche : cerfs,
chevreuils, faisans, coqs de bruyère, sangliers, oiseaux divers...).
Voici donc la « charte des pêcheries du lac d’Issarlès » rédigée en 1209. L’original
de ce texte est aujourd’hui conservé aux Archives de l’Ardèche, sous la cote
3 H 1 ; cartulaire de Mazan (de folio 4 recto à folio 7 verso).
La traduction que nous donnons ci-après a été faite en 1847 par Monsieur
A. Borel d’Hauterives, alors directeur de la traduction. Les annotations qui
accompagnent le texte sont de nous, J.M. Gardès, celles se rapportant aux
noms de lieux nous ont été communiquées par Clovis Vincent (†) et le père
Paul Teyssier (†).

 

EXTRAIT

CHARTE DES PÊCHERIES DU LAC
D’ISSARLÈS - 1209

(Archives de l’Ardèche : 3H 1 Cartulaire de Mazan f° 4-7 V° ; 3H 2 traduction
certifiée p. 13-14)
A.B.D’H. (M. BOREL D’HAUTERIVE, Directeur de la traduction, 1847).
20
Sachent, tous présents et à venir, qui verront ou entendront la présente charte
que moi, Pierre Ytier, prévoyant pour moi et ma prospérité et désirant aussi
assurer la paix et le repos des frères religieux qui habitent à présent, ou qui
habiteront Mazan ; et accroître et augmenter l’éclat de cette maison par moimême
et pour les miens pour l’amour de Dieu, la rémission de nos péchés, le
remède de l’âme de nos parents…
C’est pourquoi d’abord je vends, donne et cède et délaisse à titre de parfaite
vente par cet acte, à jamais valable, et je livre à Dieu, à la bienheureuse Marie
de Mazan, et à vous Pierre, abbé, et à tout le couvent présent et futur savoir :
trois mas avec toutes leurs dépendances : entrées, sorties, parties incultes ou
cultivées, forêts et champs… généralement tout ce qui appartient ou doit et
paraît devoir leur appartenir, dont le premier s’appelle le Mas Delz Motos1 ; le
second Delz Garis2, le troisième de Rieutord3. Les deux premiers portant jadis
un seul nom : celui de Mas de Las Usclades4. Lesquels confinent : vers l’Orient
à la terre dels Botergues5 appartenant au Monastère ; vers le midi au fleuve
de la Loire ; vers l’occident au ruisseau descendant d’Usclades et, au-delà, en
remontant à la limite qui longe la fontaine par l’ancienne route et qui conduit
jusqu’au hêtre de la Grue.
De telle sorte, cependant, que ladite fontaine reste dans le mas de Garunne6,
vers le Nord à la terre des Botergues. Le troisième mas, nommé Rivetort, outre
Loire, confine : vers l’occident au fleuve, vers l’Orient au ruisseau de Pacille7 ;
vers le midi à la terre de Las Bacudas8, et aussi, d’un autre côté, le ruisseau
descendant de Bauzon. Ces mas ainsi circonscrits, avec l’alleu9, le fief10, le bénéfice11,
la viguerie12 ou le baillage13, et tout ce que j’ai ou puis avoir, ou y avoir
eu, et tout ce que d’autres peuvent y avoir ou y avoir eu par moi, pour moi ou
1. Mas del Motos : il existe un « Les Motes » au bas de Chamlatier.
2. Delz Garis : Mas de la commune de Géorand. « Avec le mas Delz Motos (ou mas des Mochons) jadis le
mas de Las Usclades ».
3. RIEUTORD / RIVE TORD : (du lat. Rivus tortus) hameau commune d’Usclades.
4. La Manse des Usclades : comprend, en 1209, le Mas des Mottos et le Mas des Garris. (Aujourd’hui :
Usclades-et-Rieutord).
5. Les Botergues / Les Boutergues : mas commune d’Usclades. Ancienne grange de l’abbaye de Mazan.
6. Mas de Garunne : au nord des Boutergues, vers Clavel, se trouvait jadis le mas de Gourrie.
7. Pacille / Padelle : toutes les chartes du Moyen Age évoquent couramment cette frontière entre les biens de
Mazan et d’Aiguebelle (M. Carlat, †).
8. Las Bacudas : quartier de la région de Mazan.
9. L’alleu : héritage tenu en franchise.
10. Le fief : héritage tenu à charge de foi et hommage et de diverses obligations envers un seigneur suzerain.
11. Le bénéfice : bien d’église attribué à un ecclésiastique en raison des fonctions remplies par lui.
12. La viguerie : petite circonscription administrative et judiciaire, de faible importance, où le viguier
(vicarius : primitivement un officier remplaçant le comte) exerçait ses pouvoirs.
13. Le baillage / bailliage : circonscription à la tête de laquelle se trouvait le bailli, ou sénéchal, et où il
exerçait tous les pouvoirs (politiques, administratifs, financiers, judiciaires, militaires).
21
de moi, en petit ou en grand : depuis le ciel jusqu’au fond des abîmes, collectivement
ou séparément, de la manière la plus ferme et la plus claire, pour votre
utilité et celle des vôtres : je vous les vends, donne et concède. Moi Pierre Ytier
susdit, pour moi et pour les miens à vous Pierre, abbé de Mazan, ainsi qu’à tous
les frères qui y sont consacrés ou s’y consacreront au service de Dieu. Afin que
vous ayez, teniez et possédiez lesdits biens, vous et vos successeurs, en pleine et
légitime puissance. Et que vous en usiez à votre volonté, sans aucune entrave ni
empêchement. Je promets aussi avec stipulation à vous, Seigneur Pierre, abbé
de Mazan, stipulant et agissant au nom du monastère, et à tous les frères qui à
jamais y serviront le Seigneur, que, jamais, je ne viendrai moi-même ou ne ferai
venir un autre à l’encontre de ladite vente ou donation. Et que personne, ni
homme, ni femme ; par mon conseil, mon instigation, mon dédit, mon dire ou
mon fait, ne vous trouble et vous moleste dans votre jouissance desdits biens
ou à leur occasion. Le prix de cette vente est de trois mille sols du Puy et une
mule. Lequel prix, je reconnais avoir reçu intégralement.
Renonçant à tout fait, et avec reconnaissance de cause, à l’exception d’argent
non compté et de prix non versé. Vous donnant en aumônes pour l’amour de
Dieu et la rémission de mes péchés, purement et sans restriction, entre vifs et
irrévocablement tout ce que lesdits biens vendus peuvent valoir de plus que le
dit prix ; que ce soit du double, du triple ou même davantage. De telle sorte
que vous, frères susdits ou vos successeurs et ceux auxquels il vous aura plu de
céder, vendre ou engager ; vous puissiez donner, céder, vendre ou hypothéquer
lesdits mas ; et avoir et posséder l’alleu, le fief et la viguerie et le bénéfice, sans
aucun empêchement ou servitude. Et, sans contradiction de ma part, ou celle
de mes héritiers. Et je vous vends aussi, compris dans le même prix, le baillage
desdits mas du consentement, approbation et confirmation de Pierre de la
Blancheyre, mon bailli14. Il faut observer, cependant, que la viguerie du Mas
des Usclades, qui appartenait seulement à Hugues du Porit et à ses frères, a été
engagées à Pierre de la Palisse pour 30 sols de monnaie de Melgueil (Milgorieusis)
15. Mais l’autre mas est tout à fait libre et dégagé de tout baillage et viguerie.
Donc moi, Pierre Ytier, pour moi et les miens, je ratifie et confirme à perpétuité
cette vente et je renonce entièrement à tout droit, action, ou bénéfice de
la loi qui pourrait compléter à moi ou les miens. De sorte que, ni moi, ni les
miens, ni mes héritiers, ni mes successeurs en aucun temps ; nous ne puissions
rien retenir en vertu du droit écrit, divin ou humain, commun ou privé, vous
concédant tout droit et action par lesquels moi et mes héritiers nous pour-
14. Bailli : l’officier (Pierre de la Blancheyre) qui rendait la justice dans le baillage, au nom de Pierre Ytier
de Géorand.
15. Melgueil : avec le nom latin Milgorieusis, dans la traduction d’A. B.D’H. MAUGUIO : petit village de
l’Hérault où le compte battait monnaie. (Le comte de « Melgoire », les « sous » de Melgoire. Cf. cartulaire
de Saint-Chaffre, Charte 437).
22
rions venir à l’encontre de cette vente pour tout ou partie. Car je reconnais
ladite vente être juste, vraie et faite de bonne foi pour ma propre utilité. Et je
l’approuve et la confirme généralement et en détail. En outre, je donne aussi
et concède en aumônes purement, sans aucune restriction ou condition entre
vifs, pour l’amour de Dieu et la rémission de mes péchés et le soulagement de
l’âme de mes parents, au monastère de Mazan, et à tous ses frères présents et à
venir ; la pêche et le droit libre de pêcher toutes les fois et comme il leur plaira
dans le lac d’Issarlès et dans le fleuve de la Loire.
De sorte qu’ils puissent, dans ledit lac, jeter leurs filets et prendre le poisson
existant à leur volonté ; où il leur semblera le plus commode. Excepté dans
deux endroits dont l’un appartient, pour le droit de pêche, aux religieux de
Bonnefoi (Bene fidei)16 ; l’autre aux paysans dudit lieu. Laquelle donation je
fais et concède irrévocablement, de plein gré, de bon coeur, en aumône purement
et simplement, en son entier. De sorte que les donataires puissent pêcher
librement et de la manière qu’il leur plaira dans ledit lac (les deux endroits
exceptés), puissent y avoir une barque amarrée où ils voudront pour raccommoder
leurs filets et faire tout ce qui leur est nécessaire ; puissent bâtir, sur le
rocher voisin du lac, une cabane qui leur serve d’abri et enfin, couper le bois
dans les environs du lac pour divers usages. Autant, et chaque fois qu’il leur
sera utile. Sans aucun obstacle ou empêchement, spécialement de la part des
religieux de Bonnefoi. Pourvu que ces derniers ne soient pas troublés dans leur
droit de pêche.
Dans la Loire, le libre et entier pouvoir de pêcher appartiendra, comme pour le
lac, aux donataires : depuis le Saut du loup17 jusqu’au gué du Cros18. Ils auront
en outre avec nous sur ledit fleuve contre le rocher un lieu où nous ferons bâtir
et reconstruire et pêcherons à frais communs et y entretiendrons, chacun pour
notre part, le nombre d’hommes nécessaires. De telle sorte que, si par hasard,
je voulais faire les dépenses et entretenir ces hommes à mes frais ; néanmoins,
lesdits frères pourront pêcher à leur gré et garder les poissons après déduction
de moitié pour notre part. Suivant l’estimation qu’ils en feront eux-mêmes et
à laquelle nous serons tenus de nous en rapporter. Lesquelles choses susdites,
fixées comme dessus, sont données et concédées à Vous, Seigneur Pierre, abbé
16. Bonnefoi/Bonnefoy : Bene/Bone Fidéi – Bonas Fès ? Les religieux de Bonnefoy sont des chartreux (ordre
de saint Bruno). La chartreuse a été fondée en 1156.
17. Saut du Loup : aussi connu sous le nom de « Saut de la Loire » (ce qui d’ailleurs est son véritable nom).
Endroit où la rivière se resserre sous le Lac d’Issarlès. En face Riou-Cros ; en aval du confluent du Gage.
18. Gué du Croz : en aval de la ferme de Malaval. Sur la carte d’État-major, l’emplacement d’une draille
rappelle celui du Gué. Ou bien le « Gua » (aujourd’hui disparu) près du vieux pont de La Palisse. Ce
chemin allait de Saint-Cirgues-en-Montagne au Cros ou au Béage. Du Saut du Loup au premier Gué : 5
km environ ; du Saut du Loup au second Gué (La Palisse) : 6 km environ).
23
de Mazan par moi, Pierre Ytier, de bonne foi pour moi et tous les miens ; sans
aucun dol19 ou machination. Pour la rédemption de mon âme et celle de mes
parents, de l’avis de mes amis. De sorte que vous les ayez et possédiez comme
il est dit ; vous et les vôtres ; sans aucune contradiction ou empêchement. Et
pour que toutes les choses contenues en la présente vente ou donation en général
et en particulier demeurent à jamais inviolablement en votre possession ;
Moi, Pierre Ytier ayant ainsi que moi Saura20, sa femme, l’un et l’autre pour
nous et tous les nôtres, de bonne foi, sans dol, sous le serment prêté sur les
Saints-Évangiles : nous vous les donnons, concédons et confirmons.
Nous promettons aussi, par stipulation.......

 

 

 

 

Table des matières
Issarlès avant l’an mil 13
d’après une donation faite à l’abbaye de Saint-Chaffre
Charte des pêcheries du lac d’Issarlès (1209) 15
L’Estime de la paroisse d’Issarlès (1464) 31
(71 personnes estimées sur 27 terroirs)
Liste alphabétique des habitants 177-179
de la paroisse en 1464
Lieux habités en 1464 182
Varia : XVIe et XVIIe siècles 185
Le bruslement de l’église d’Issarlès en 1582 186
Lettre sur l’emprisonnement de Pierre Gardès en 1595 187
Reconnaissances féodales de l’an 1595 189
Liève de Giorand pour l’an 1604 199
3 actes notariés du XVIIe siècle (1624) 203
Issarlés en 1650 205
Liste des habitants en 1650 255-257
Rôle pour l’année 1681 (85 personnes sur 20 terroirs) 258
Issarlès au XVIIIe siècle 263
Taxe des rôles de la capitation de la communauté 264
d’Yssarlès en 1702
(146 personnes sur 32 terroirs)
Contribuables (1709 à 1773) 281
(57 contribuables sur 10 terroirs)
Calamités d’hier - Issarlès tailhable en 1728 287
(122 personnes recensées)
Issarlès en 1762 : la grande enquête 297
Issarlès en 1789 306
(17 officiers municipaux, 12 membres du comité de surveillance,
17 prêtres natifs d’Issarlès, 13 soldats...)
Registre d’acompte pour l’année 1791 311
(140 personnes 23 terroirs)
Les cotisants d'Issarlès en 1791 322-324
Récapitulatif 326
La tentative de poldérisation de 1794 327

LISTE ALPHABÉTIQUE DES COTISANTS DE LA
PAROISSE D’ISSARLÈS20

Tels qu’ils apparaissent sur le « registre d’acompte » pour l’année 1791
A ACASSAT Pierre
ALEMAND Claude
ALIX Aniès
ALIX Claude, sa Vve
ALIX Claude
ALIX Claude
ALIX Jacques
ALIX Jean-Pierre
ALIX Jean-Pierre
ALIX Marguerite
ALIX Pierre
ALIRAND Jacques
ARMAND Benoît
AUGIER M.
AUGIER Jean-Louis
Las Combes
Le Lac
Le Crouzet
Le Crouzet
Chaumette
Le Pin
Le Tiolin
Le Lac
Les Arcis
Le Crouzet
La Chaze
Massibrand
Les Arcis
Le Crouzet
Les Tendres & Pourcelayres
B BADIOU Jean-Pierre
BARBON Claude de
BECQUE Jean-Baptiste
BONNET Claude
BOUISSON Pierre
BOUYER-AUGIER Et.
BOYER Estienne
BREISSE Claude
BREYSSE Claude
BREYSSE Jean
BREYSSE Jean-Louis
BREYSSE Jean-Louis
BREISSE Marguerite
BREISSE Pierre
BRUN Damien
BRUN Jean
BRUN Jean-Louis
BRUN Jean-Pierre
Les Arcis
Les Arcis
La Chaze
Le Falconi
La Chaze
Les Arcis
Le Mond
La Chaze
La Chaze-Gamard
Le Falconi
Chaumette
Les Arcis
Le Crouzet
Le Lac
La Chaze
Chaumette
Les Issartaux
Le Lac
20. Comme pour l'Estime de 1464, on trouvera le détail afférent à chaque nom, à partir des terroirs
répertoriés et paginés p. 324
321
C CHAMBON Étienne
CHARIER Pierre
CHAUSSANDE Jacques
CHEVALLIER Estienne
CHEVALLIER François
CROUZET Martin
Les Bourles & Rabiouze
Le Lac
Le Tiolin
Le Lac
Le Lac
La Chaze
D DEMAILLET M. Le Chamet
E EXBRAYAT Les Combes
F FAURE Jean
FIALON André
FIALON Baptiste
FIALON Jean
FIALON Jean-Antoine
FIALON Jean-Antoine
FORESTIER Jean
Le Mond
Rag(easses)
Les Issartaux
Massibrand
Le Crouzet
Le Pin
Le Lac
G GARDÈS Antoine
GARDÈS Jean-Louis
GARDÈS Jean-Louis
GARDÈS Pierre
GARDÈS Pierre
GARDÈS Pierre
GÉLI Jean
GIBERT Joseph
GINOUX Louis
GIRAUD Jean
GUILHOT Jean-Louis
La Chaze
La Chaze
Les Issartaux
La Chaze
Les Issartaux
Le Lac
Le Lac
La Chavade
Le Mond
Massibrand
Massibrand
H HABAUZIT Antoine
HABAUZIT Claude
HABAUZIT Pierre
HABAUZIT Pierre
HAVON Pierre
HÉBRARD Charles
HÉBRARD Jeanne-Marie
HILLAIRE François
HILAIRE François
HILAIRE Jean-Antoine
HILAIRE Jean-Antoine
HUGON Jean-Louis
Le Lac
Le Mond
Le Mond
Les Tendres & Pourceleyres
Les Tendres & Pourceleyres
Le Lac
Le Lac
Le Lac
La Chavade
Las Combes
Les Issartaux
Le Mond
322
L LAFARGERE
LAFOND François
LAFOND Jean-Louis
LAFOND Jean-Pierre
LARGIER Marc
LAVASTRE Claude
LIABEUF François
LIABEUF François
LIABEUF Françoise
LIABEUF Jean
LIABEUF Jean-Antoine
LIABEUF Jean-Antoine
LIOTARD Antoine
LORT Françoise, Ve de
LORT Marie, Veuve RIVET
Les Arcis
Le Pin
La Chaze
Massibrand
Le Mond
La Chaze
Le Crouzet
Le Lac
Le Pin
Les Arcis
Le Pin
Le Plo
Les Arcis
La Chaze
Las Combes
M MALARTRE Antoine
MALARTRE François
MALARTRE Jean
MALARTRE Jean-Louis
MALARTRE Mariane
MARION Étienne
MAURIN Jean
MIALLE Claude
MIALON Estienne
MIALON Gabriel
MIALLON Pierre
MOULIN Claude
MOULIN Claude
MOULIN Dominique
MOULIN Dominique
MOULIN Pierre
Les Arcis
Le Pin
Les Issartaux
Le Plo
La Pinède
Le Mond
Massibrand
Le Lac
Le Lac
Le Mond
Montgros
Le Lac
Massibrand
Le Lac
Le Mond
Le Lac
N NICOLAS Jean-Louis
NUEL Simon
Massibrand
Les Bourles & Rabiouze
O OLLIER Claude
OLLIER Claude
OLLIER Jean-Louis
Las Combes
Las Combes (petit Fustier)
Le Tiolin
323
P PAGÈS Pierre
PAILLÈS Dominique
PAILLÈS Jean-Antoine
PAILLÈS Jean-Antoine
PÉLISSIER Pierre
PETIT Antoine
PHILIPOT Mariane
Le Pin
Le Bes
Le Bes
Les Issartaux
Varennes
Le Mond
Le Falconi
R REDON Pierre
REYNAUD Pierre
RIVET Antoinette
RIVET Jean-Antoine
ROCHETTE André
ROCHETTE André, Annie sa veuve
ROUX Marie, veuve de LORT François
Le Lac
Les Arcis
Le Lac
Chaumette
Massibrand
Les Bourles & Rabiouze
La Chaze
S SERRE Antoine
SOUILHOL Jean-Louis
SOULELHAC Jean-Pierre
SOULELHAC Pierre
La Chavade
Les Arcis
Les Bourles & Rabiouze
Le Chaumet
T TEISSIER André
TENDILHE François
TENDILHE Jacques
TENDILHE Jean
Les Tendres & Rabiouze
Le Crouzet
Le Crouzet
Le Crouzet
V VAILIER André
VARAUD Joseph
VARAUD Louis
VARENES Joseph
VEYRADIER Jean-Pierre
VEYRADIER Jean-Pierre
VIANES Jean
VINCENS Mathieu
VISPRON Jean-Louis
Le Mond
Le Lac
Le Pin
Varenes
Le Plo
Le Chaumet
La Chaze
Le Mond
Le Tiolin
Sont également cités dans le « Registre des acomptes » :
Arcis Roui, DURAND Marie,
BONNEFOY, GINEYS,
BOUNAUD P., HÉBRARD Jean,
BOUSSON André, LAFON Baptiste,
CROUZET Jean-Louis, LARGIER Pierre.
324
RÉCAPITULATIF GÉNÉRAL
TERROIR Cotisables
Imposition
1790
Impos. terroir/
impos.
paroisse en %
Moyenne
par cotisable
(en l.)
Accompte de
la moitié
Page de
notre
document
Les Arcis 13 428.10.02 11.5 33 213.18.09 312
Le Mond 13 437.09.05 11.7 33 218.09.11 313
Varennes 2 122.08.08 3.3 61 61.04.04 313
Montgros 1 14.11.03 0.4 14* 07.05.08 313
La Chavade 3 113.07.09 3.0 37 56.13.11 314
Le Falconi 3 129.09.03 3.4 43 64.14.08 314
La Chaze 14 245.00.10 6.6 17* 122.10.00 314
Le Crouzet 6 233.18.00 6.3 38 117.01.02 315
Issarlès 4 03.17.00 0.1 0.7 1.18.11 315
La Pinède 1 07.09.04 0.2 7 03.14.08 315
Le Bes 2 137.00.00 3.7 68 68.10.00 315
Chaumette 4 103.05.06 2.8 25* 51.12.10 316
Le Chaumet 4 160.00.04 4.3 40 80.00.03 316
Le Tiolin 4 71.06.06 2.0 17* 35.13.04 316
Las Combes 6 98.05.06 2.7 16* 50.01.10 317
Massibrand 10 45.13.06 1.2 4* 22.16.11 317
Le Pin 8 135.12.06 3.6 16* 67.17.05 318
Le Plo 3 186.08.01 5.0 61 92.14.01 318
Les Issartaux
et B.
7 299.05.06 8.0 42 149.12.10 318
Moulin et
Lac
22 496.05.08 12.6 23* 234.12.01 319
Les Tendres
et P.
4 134.15.00 3.6 33 67.07.06 320
Rageasses 2 110.12.03 3.0 55 55.06.02 320
Les Bourles
et R.
4 38.03.07 1 12 19.01.10 320
Total paroisse
140 3
724.16.05
100 % 27 1862.19.01°
* terroir pour lequel les habitants sont en dessous de la moyenne de cotisation de
l’ensemble des habitants de la paroisse (27 livres ; 11 terroirs concernés).
° 1862.19.01 : ce total diffère de 4 livres 5 sols 1 denier
325
La tentative de poldérisation de 1794
« Nous soussigné, ingénieur des Ponts et Chaussées des districts du Coiron et du
Tanargue, département de l’Ardèche, vu l’arrêté pris par ce dernier, du 29 Nivose
dernier 18 janvier 1794), qui nous a été adressé par l’agent national de ce même
district, portant qu’attendu qu’il existe encore dans le district un lac appelé d’Issarlès,
situé dans la commune d’Issarlès, canton de Coucouron, et que l’intérêt public
exige le dessèchement de tous les lacs parce qu’ils rendront des terres à l’agriculture,
et que d’ailleurs la loi du 14 frimaire à ce sujet en ordonne le dessèchement, arrête
que le citoyen Auzillon se transportera à la commune d’Issarlès, vérifiera le lac, les
moyens les plus faciles, les moins dispendieux et les moins nuisibles aux voisins,
pour en opérer le dessèchement, dressera le devis estimatif des travaux à faire à ce
sujet pour, après la remise de son rapport, être procédé par des affiches préalables
à l’adjudication de l’entreprise et des poissons qui pourront être pris, en faveur de
qui fera sur chaque objet, la condition la meilleure.
L’ingénieur, d’après l’arrêté ci-dessus, se mit en route dans le courant de Nivose
pour le lieu d’Issarlès où est situé le lac du même nom. Mais la grande quantité de
neige qui couvrait presque toute la surface de cette contrée, et le froid excessif qui
s’y faisait sentir alors, obligea l’ingénieur a se replier au Béage jusqu’à une époque
plus favorable, ou du moins jusqu’à ce que cette contrée fut à découvert.
En effet, nous nous y sommes rendus dans le courant de Prairial dernier avec un
administrateur du directoire du district du Tanargue (le citoyen Rivière), et le représentant
du peuple Guyardin qui s’étaient rendus à la même époque dans cette
contrée pour une expédition qui fut ordonnée par le même représentant, dirigée
contre des prêtres réfractaires, déserteurs et autres brigands, réfugiés dans les bois de
Bozon et autres tout près du lac21.
En conséquence, rapportons que le lac d’Issarlès, d’une forme circulaire et d’une
profondeur étonnante (puisque d’autres personnes que moi n’ont pu en connaître
sa véritable profondeur, présente un bassin immense que nous présumons être un
cratère d’ancien volcan22 et dont le bassin a été rempli ou par des sources qui se
sont réunies de l’intérieur des terres, ou par des eaux qui se sont glissées par quelque
soupirail inférieur qui communiquent à quelque autre grand bassin. Son sol grave-
21. Et parmi eux l’abbé Louis Gardès, originaire de Bouyssi-Peyregrosse, Cne du Béage. Nous donnerons
dans un ouvrage à paraître, le « Manifeste » que proclamèrent sur les bords de ce même lac le marquis de
Surville et le Général de La Mothe au printemps1796, appelant à la constitution d’une « Armée royale et
catholique d’Orient ».
22. Sur ce lac, en fait maar d’origine volcanique et non pas bouche éruptive de volcan, voir dans le livre «
Le plateau Ardéchois », Aurore Gardès-Cherif, chap. I, Géologie, les différents types de volcans/les éruptions
en présence d’eau, Ed. Créer, 2017.
326
leux sur lequel repose les eaux qui ne gèlent jamais23 et dont le volume n’augmente
pas dans les grandes pluies est, à ce que nous avons pu observer, de forme conique.
Ce qui me fait d’autant plus conjecturer la réalité de quelques communications
avec d’autres eaux, c’est qu’on voyait autrefois dans ce lac une espèce de poisson
d’une médiocre grosseur qui ne paraissait qu’à une saison fixe et qui disparaissait
de même (ce fait m’a été attesté par plusieurs personnes et il est rapporté dans l’«
Histoire naturelle de la France »24). Ce étant, il n’y a plus de doute que le lac n’ait
ses communications avecd’autres eaux d’où le poisson venait pour se rafraîchir et
qu’il y aurait du danger à entreprendre son dessèchement, malgré que j’ai lu dans
le même ouvrage que depuis quelque temps le poisson qui venait ordinairement
dans le lac dans les derniers mois de l’année a cessé d’y apparaître. Ce qui donne
lieu de penser qu’il s’est fait quelque éboulement de terre qui peut avoir obstrué la
communication, mais aussi l’on peut croire qu’elle se rétablira par la corrosion des
eaux qui coupent, à la longue, tous les obstacles25.
Au surplus, je mets en fait que le lac fournit des branches d’eau à l’arrosement de
quantité de prairies que son dessèchement priverait indubitablement. D’après tout
ce dessus, et sans le rapprochement d’autres faits qui démontreraient toujours à
ne pas entreprendre le dessèchement du lac, mais seulement celui qu’il ne peut
s’opérer d’une manière avantageuse pour la République, pour la raison que l’on ne
pourrait jamais s’attendre au dessèchement parfait, mais bien de quelques lisières
surtout son développement, de peu de valeur, à cause de sa forme et dont le résultat
n’égalerait pas la dépense qu’il aurait coûté.
D’après cela, nous pensons qu’il est plus de l’intérêt de la République à conserver
ce lac que d’en entreprendre le dessèchement ».
Largentière, le second Thermidor l’an second de la République Une et Indivisible
(2 juillet 1794), AUZILLON.
23. « Les eaux qui ne gèlent jamais... » ? On affirma cependant au Docteur Francus qui visita le lac
en1878 que « le lac fut entièrement gelé en 1870 et qu’une charrette à boeufs aurait pu passer partout ! »
Dr. Francus (Albin Mazon), « Voyage aux pays volcaniques du Vivarais », 1878, Réed. Lienhard & Cie,
Aubenas 1979, chap. XX, le lac d’Issarlès.
24. Jean-Louis Giraud-Soulavie, Histoire naturelle de la France, 7 volumes, 1780-1784.
25. Rétablir la communication, en levant tous les obstacles à la circulation des eaux du lac... Ces travaux de
titan seront entrepris dans la moitié du XXe siècle par des hommes, par une jeune entreprise , pour accroître,
non pas cette fois-ci la surface des terres agricoles, mais pour augmenter la production d’électricité dans un
pays qui se rebâtissait au lendemain d’une seconde guerre mondiale.
Voir à ce sujet dans le livre « Le partage des eaux », ed. Hozoni, juillet 2019, J.-M. Gardès, « une histoire
de plusieurs dizaines de millions d’années », pp. 26-31.
327
328
Carte tirée de l'article de MM. A. Delebecque et E. Ritter "Sur
les lacs du plateau central de la France", publié dans la Revue du
Vivarais, T. I, 1ère année, 1893, p. 96 et s.

 

 

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